Une polémique secoue le Tennis Garden Club de Cannes
Le Tennis Garden Club de Cannes, complexe municipal situé avenue Maurice-Chevalier, est au cœur d'une controverse qui oppose certains abonnés à l'Elite Tennis Center (ETC), l'académie sportive fondée par l'ancien joueur professionnel Jean-René Lisnard. Des habitués du club dénoncent une mainmise progressive de cette structure sur les infrastructures, au détriment des joueurs loisirs et des adhérents de l'Association Sportive des Loisirs Municipaux (ASLM).
« Le ver semble dans le fruit » : des abonnés frustrés
Plusieurs abonnés expriment leur frustration face à ce qu'ils perçoivent comme un accaparement des courts par l'académie. « Depuis plus d'un an, l'ETC a tendance à prendre ses aises avec les courts et les réservations », déplore un père de famille qui peine à trouver des créneaux pour initier sa fille au tennis. Il ajoute : « Une structure municipale devrait fonctionner selon le principe républicain où tout le monde est traité à égalité, mais en pratique, tout est parfois réservé en fluo quinze jours à l'avance. »
Un vieil adhérent de l'ASLM renchérit : « Depuis que Jean-René Lisnard a greffé ici son académie, le ver semble dans le fruit. Aujourd'hui, on a l'impression que c'est lui qui dirige tout. » Certains pointent même le lien familial avec le maire David Lisnard, suggérant un possible passe-droit. Liliane, retraitée et abonnée, affirme carrément : « Jean-René Lisnard se permet tout ça uniquement parce qu'il est le cousin du maire. »
La défense de l'Elite Tennis Center
Philippe Rome, président de l'Elite Tennis Center, monte au filet pour contester ces accusations. Il explique que Jean-René Lisnard s'est engagé auprès de l'ASLM pour aider à redresser un club en difficulté financière. « Aujourd'hui, les résultats sont positifs et les subventions de la mairie ont diminué d'année en année », souligne-t-il. Concernant les réservations, il insiste : « C'est faux, on ne déborde absolument pas de ce que nous octroie la convention passée avec la mairie. Il peut juste y avoir de petits ajustements horaires en été. »
Rome évoque également une possible confusion chez certains abonnés entre les activités de l'ETC et les nouvelles formules d'entraînement mises en place par l'ASLM. « Tous les profs déjeunent ensemble, certains abonnés font peut-être la confusion... Mais en réalité, il n'y a jamais d'engueulade au club, tout se passe bien », tempère-t-il.
L'organisation du complexe municipal
Le complexe, qui compte 16 courts (dont 6 en terre battue et 4 couverts), est géré par la Ville de Cannes via sa régie. Patrice Mestre, directeur des sports, précise le fonctionnement : « C'est bien la Ville qui garde toujours la main », en établissant un planning de base pour les associations. L'ASLM dispose de 12 000 heures annuelles pour ses 500 adhérents, tandis que l'ETC bénéficie de 3 050 heures pour ses 20 à 40 jeunes joueurs prometteurs.
Mestre reconnaît certaines tensions liées à la demande : « Les abonnés ont parfois tendance à vouloir jouer le même jour, à la même heure, aux créneaux les plus occupés. Mais notre objectif reste que tout le monde soit content. » Il assure que l'occupation des courts est contrôlée et que deux terrains couverts restent réservés aux abonnés en cas d'intempéries, sauf le mercredi où la priorité est donnée aux enfants de l'ASLM.
La double casquette de Jean-René Lisnard
L'ancien n°84 mondial, qui a intégré le bureau de l'ASLM il y a quelques années, cumule ainsi les rôles. Cette situation alimente les suspicions chez certains usagers. Cependant, Patrice Mestre relativise : « Il n'y a rien de choquant à ce qu'un ancien joueur pro apporte aussi son expérience à une association qui utilise aussi ces terrains. » Quant au maire David Lisnard, il n'a jamais été vu raquette en main au Tennis Garden Club, selon les témoignages.
La polémique révèle les tensions potentielles entre développement sportif d'excellence et accès démocratique aux infrastructures municipales. Alors que l'ETC contribue au rayonnement tennis de Cannes avec le passage de stars comme Daniil Medvedev ou Mirra Andreeva, certains abonnés estiment payer le prix fort de cette réussite.



