Une décision qui provoque l'indignation à Bordeaux
À Bordeaux, où une importante communauté sénégalaise est établie, l'annonce de la Confédération africaine de football de retirer le titre de la Coupe d'Afrique des Nations au Sénégal a provoqué une vague de frustration et de colère. Cette décision, qui attribue le trophée au Maroc sur tapis vert, intervient exactement deux mois après la finale du 18 janvier dernier, où la victoire des Lions de la Teranga avait été célébrée avec ferveur au château du Diable à Cenon.
Les réactions de la communauté sénégalaise
Mayacine Diop, président d'O2 Radio, exprime son mécontentement : « Cette décision ne grandit pas le continent africain et ridiculise la CAF dans la sphère du football mondial. Les seules sanctions valables sont pécuniaires ainsi que les suspensions. Et cela a déjà été fait. » Ismaila Seck, journaliste bordelais travaillant pour la chaîne Sans Limites TV et actuellement à Dakar, parle quant à lui d'un scandale et d'une « honte pour le football africain et l'Afrique en général ».
Le Franco-Sénégalais de 34 ans précise : « Ici, tous les journaux font leur Une sur cet événement et évidemment, ils sont unanimes. » Il mentionne notamment les titres accablants de la presse sénégalaise, avec « Le Soleil » qui évoque « la blague du siècle » et « WalfQuotidien » qui parle de « la grosse farce continentale ».
Une situation inacceptable pour les supporters
Ismaila Seck ajoute : « On ressent beaucoup de frustration et d'incompréhension ici et il est évidemment hors de question de remettre le trophée au Maroc tant que le tribunal arbitral du sport n'a pas rendu sa décision. » La Fédération sénégalaise de football ayant fait appel devant cette instance, l'attente est désormais cruciale pour la communauté.
Les enjeux dépassent la simple rivalité sportive
Rose Ferreira, nouvelle présidente de l'Union des travailleurs sénégalais en France basée à Cenon, souligne que « le football africain mérite mieux que le soupçon permanent ». Elle explique : « Il ne s'agit pas ici d'opposer le Sénégal et le Maroc. Les peuples africains n'ont aucun intérêt à transformer les compétitions sportives en conflits entre nations. Le véritable enjeu se situe ailleurs : il concerne la gouvernance et l'intégrité des institutions qui dirigent le football africain. »
Cette affaire révèle ainsi des problématiques profondes au sein des instances dirigeantes du football sur le continent, tout en touchant directement les communautés diasporiques comme celle de Bordeaux, où l'attachement au Sénégal reste vivace.



