Nathalie Destandeau, une surfeuse à la tête des sports à Biarritz
Adjointe aux sports à la Ville de Biarritz, Nathalie Destandeau pratique le surf depuis son plus jeune âge et a longtemps évolué en compétition. Cette expérience personnelle nourrit aujourd'hui sa vision stratégique pour le développement du surf dans la cité balnéaire. Elle défend une politique articulée autour de quatre priorités fondamentales: soutenir les compétitions locales et internationales, mieux organiser le partage du plan d'eau, renforcer la sécurité des pratiquants et redonner toute sa place à la riche culture surf.
Le surf, au cœur de l'identité biarrote
Quelle place occupe le surf dans la politique sportive de Biarritz? «Le surf a une place centrale, forcément, parce qu'il fait partie intégrante de l'identité de Biarritz», affirme Nathalie Destandeau. La dimension événementielle est particulièrement développée avec des rendez-vous bien installés comme la Maider-Arosteguy à la Grande Plage, la Belza Classic à la Côte des Basques ou le Tag Team à Marbella. «Ce ne sont pas des championnats du monde, mais ce sont des événements importants, à dimension internationale pour certains, qu'il faut absolument faire perdurer», insiste-t-elle.
De nouveaux projets compétitifs à l'étude
La municipalité travaille activement sur le développement de nouveaux rendez-vous surfistiques. «Nous avons trois pistes de réflexion sérieuses: une compétition internationale de surf, une épreuve de parasurf et une compétition de longboard féminin», détaille l'élue. Ces projets nécessitent une étude approfondie, notamment sur leurs aspects financiers, mais les discussions sont déjà engagées. «Biarritz a accueilli par le passé des championnats du monde, que ce soit en shortboard ou en longboard. Ce serait formidable de renouer avec cette tradition d'excellence», souligne Nathalie Destandeau.
Vers un véritable musée du surf
La Maison du surf, bien que constituant un lieu intéressant avec sa bibliothèque, son exposition permanente et son espace d'échange, ne remplit pas complètement selon elle le rôle de vitrine de la culture surf. «Le surf à Biarritz mérite son propre musée. Nous avons l'histoire pour le faire, des collections privées magnifiques et des récits passionnants à partager», argumente l'adjointe aux sports. L'année prochaine marquera les 70 ans du surf à Biarritz, «ce qui constituerait le moment idéal pour valoriser ce patrimoine exceptionnel».
Le défi crucial du partage du plan d'eau
Le partage du plan d'eau représente un enjeu majeur pour Biarritz. «Nous avons des plages de dimensions réduites, des fenêtres de surf limitées et une fréquentation toujours croissante», explique Nathalie Destandeau. Depuis la pandémie de Covid-19, l'engouement pour les sports outdoors a considérablement augmenté, créant des situations de cohabitation complexes entre débutants, écoles, surfeurs récréatifs et compétiteurs. «On ne peut plus compter uniquement sur le bon sens individuel. Il devient impératif d'organiser cette cohabitation de manière plus structurée», estime-t-elle.
Repenser l'organisation des écoles de surf
L'échéance des concessions des écoles de surf, prévue pour le 15 novembre 2026, offre une opportunité de repenser leur organisation. «Le système actuel, avec un nombre limité d'écoles et d'élèves encadrés, doit s'adapter à la forte augmentation de la fréquentation», constate l'élue. Dès le mois de juin, une large consultation sera lancée avec les écoles et les moniteurs, «car ce sont les premiers concernés». L'objectif n'est pas d'imposer des solutions, mais de «réfléchir collectivement à l'adaptation de l'enseignement du surf aux nouvelles réalités du terrain».
La Maider-Arosteguy, un événement qui évolue
Épreuve historique du calendrier biarrot, la Maider-Arosteguy rassemble chaque année sur la Grande Plage surfeurs locaux et internationaux. L'édition 2026, qui marquera le 40e anniversaire de la compétition, a été décalée à la période de la Toussaint. Initialement prévue au printemps, elle se tiendra finalement du 30 octobre au 1er novembre, avec un dîner de gala le 28 octobre.
Robert Rabagny, organisateur historique de l'épreuve, voit plusieurs avantages à ce nouveau calendrier: «À 80%, nous sommes assurés d'avoir des vagues de qualité», avec en plus la coïncidence avec les vacances scolaires et le soutien renouvelé des partenaires. Créée en 1984 sur la Grande Plage, cette compétition reste l'un des rendez-vous majeurs du surf biarrot, contribuant à renforcer l'image de «Biarritz Pays basque» et attirant les meilleurs surfeurs.
Nathalie Destandeau confirme et soutient ce repositionnement: «Ce calendrier va attirer les surfeurs en fin de saison», avec une programmation «proche des championnats de France» qui favorise particulièrement les compétiteurs. Elle réaffirme «l'importance capitale» de cet événement, appelé à perdurer aux côtés des autres rendez-vous emblématiques du littoral biarrot.



