Baptiste Erdocio : du BUC au XV de France, le parcours du Basque du MHR
Baptiste Erdocio : du BUC au XV de France

Une brise garantie 100 % pure basque va souffler sur le Stade de France, ce samedi 7 novembre. Sa forme se traduira par une silhouette râblée, bandeau sur la tête à la Fabien Barcella et une farouche envie de se frotter à ce qui se fait de mieux sur la planète rugby, l'Afrique du Sud. Baptiste Erdocio (25 ans), en cette fructueuse année 2025, poursuit son rêve éveillé, les yeux dans les Bleus.

Des débuts prometteurs

Cet été, il a découvert la terre ultime, celle des All Blacks, pour ses deux premières sélections avec le maillot frappé du coq. Ce week-end, le pilier montpelliérain va faire ses grands débuts sur la pelouse de Saint-Denis. Face à lui, va se dresser une pluie de stars doubles championnes du monde en titre. Peut-être que le garçon de Bidart aura des étoiles plein les yeux dans l'enceinte dionysienne. Mais, sans doute, seront-elles moins scintillantes que dans sa jeunesse quand, avec son frère Rémi, ils se précipitaient au stade Municipal le dimanche après-midi voir le BUC (Bidart Union Club).

Les Etzebeth, Kolisi et autre Kolbe ? Ça n'arrive pas à la cheville d'Antoine Boué et du reste de l'équipe sénior de ce club amateur, qui a toujours oscillé entre la Régionale et la Fédérale. "Les joueurs de Bidart, on les badait. Pour nous, c'étaient des pros. Quand ils lèvent le bouclier de champion de France Honneur en 2008, on est sur la photo, on était comme des fous", se rappelle Rémi, de trois ans son aîné.

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Un attachement profond à Bidart

Bidart, la capitale, une religion chez les Erdocio. D'ailleurs, Baptiste emporte toujours un t-shirt à l'effigie du club dans son sac. "C'est mon gri-gri à moi", se marre l'intéressé. Et il se rend au match dès qu'une opportunité se présente. "On a grandi là-bas. Notre maison est à 200 m du stade", poursuit Rémi, joueur du BUC en Régionale 2 au poste de... pilier. "Tous les dimanches, on y allait. Avec Baptiste, on s'envoyait comme des monstres sur le bord de la touche pendant qu'ils jouaient. On devait avoir entre 5 et 8 ans. On rentrait à la maison plein de boue, on se faisait parfois tirer les oreilles. Puis après, on allait à la réception, on mangeait parfois plus que les joueurs."

Etienne, le papa, ancien joueur et entraîneur de Bidart, confirme : "Les deux, c'était l'animation." C'est le paternel qui a, en bon Basque, transmis la passion. Même si une autre voie a failli se présenter à Baptiste. "Il a testé le judo. Il avait beaucoup de force, il aurait pu être très bon", ajoute Etienne en insistant sur chaque "r". "En même temps, il tombait contre des mecs qui faisaient 30 kg de moins", branche le frangin.

Un gabarit et une discipline exemplaires

Le gabarit de Baptiste, d'ailleurs, parlons-en. 1,75 m pour 115 kg, le prototype du pilier descendu des Pyrénées. "Le Basque, c'est petit et trapu. Puis il y a de la génétique. Dans la famille, il n'y a pas beaucoup de maigres", assure Rémi, qui a les mêmes dimensions que le cadet de la famille "avec quinze kilos de moins".

Son corps, Baptiste l'a façonné. Derrière sa carrure, se cache une discipline. "Ça a toujours été un très bon joueur, mais il n'était pas forcément au-dessus. Par contre, il a travaillé plus que les autres. Il n'a jamais trop fait la bringue, d'excès. Jamais il ne va au fast-food. Il a toujours été très sérieux, je ne sais pas comment il fait", confie Rémi.

Cette rigueur a permis à "Erdoch'" de gravir les échelons à la vitesse de l'éclair à un poste à maturité pourtant tardive. D'abord à Biarritz, son deuxième club de cœur. Puis à Montpellier. Sur les quatre dernières saisons, il cumule une moyenne de 28 matches par saison. C'est colossal. "Je ne sais pas si on se rend vraiment compte de ce que ça représente", abonde Auguste Cadot, un de ses meilleurs potes qui l'a suivi du BO à Montpellier.

Une force en mêlée reconnue

Fabien Galthié et son staff, eux, s'en rendent bien compte puisqu'ils vont l'aligner d'entrée face aux Springboks. Sa force en mêlée en fait une référence à son poste. Ce qui ne surprend pas à Montpellier. "Moi, ça fait un moment que je le dis. Baptiste, déjà en Espoir, il savait s'adapter. J'espère qu'il va encore le prouver face aux Sud-Afs", ajoute Cadot.

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"Son point fort, c'est aussi sa tête", glisse le manager du MHR, Joan Caudullo. "Son premier match en Nouvelle-Zélande n'avait pas été bon. Pour le troisième test, j'avais peur, comme on a peur pour son enfant. Et il fait un match mentalement extraordinaire. C'est ce qui a plu au staff."

Et ce qui fait la fierté de Bidart. Ce samedi, tout un village et au-delà aura les yeux rivés sur le Stade de France, soutenant leur enfant prodige devenu international.