Après un an sans compétition, l'ancien Monégasque Almamy Touré, qui a touché les sommets européens, a retrouvé le terrain samedi dernier avec la simplicité qui l'habite depuis son arrivée. « Prêt à rebondir », dit-il, dès cette fin de saison. Il a ajouté samedi dernier son nom aux joueurs ayant porté le maillot des Girondins. Avec le palmarès de recrues d'une autre époque : champion de France 1997 avec Monaco, vainqueur de la Ligue Europa 2002 avec Francfort ou auteur d'un doublé au Vélodrome contre l'OM à 19 ans (3-3). Mais avec une simplicité qui lui a permis de vite s'intégrer dans le contexte N2 dès son arrivée au Haillan en novembre.
Almamy Touré, seul joueur de l'effectif à avoir affronté son entraîneur Rio Mavuba (succès 4-1 en L1 en août 2016), a fait ses débuts à Dinan (1-3) près d'un an après son dernier match, le 4 mai 2025 en D2 allemande avec Kaiserlautern, et quatre mois après une opération des ligaments de la cheville. Avant la réception de Montlouis ce samedi, le défenseur, 30 ans mardi, s'est confié.
Son retour à la compétition
« Ça m'a fait du bien. Avec le kiné et le préparateur physique et au centre de rééducation de Capbreton, on a énormément bossé. Ça a été long et j'avais hâte de refouler la pelouse. Quand tu as eu l'habitude de jouer dans des grands stades, ça change, mais on a de bons supporters. Ce qui m'importe aujourd'hui est de retrouver des sensations. Il y a eu une coupure dans ma carrière, mais je me suis remis bien, je suis prêt à rebondir. J'ai fait comme une mini-préparation, j'ai perdu de la masse grasse et du poids. Je finis ma deuxième semaine d'entraînement avec le groupe. Il ne manque plus qu'à enchaîner des matchs à intensité. Sur cette fin de saison, j'espère apporter mon agressivité, un peu d'expérience. »
Cette année sans jouer
« L'été dernier, à la fin de mon contrat à Kaiserlautern, j'ai eu des contacts, en Allemagne, en France, dans les pays limitrophes. Mais rien ne s'est concrétisé, entre les appels d'agents et les interrogations des clubs sur mon état physique. Comme je partais, j'avais peu joué la deuxième partie de saison et là je m'entraînais seul avec un préparateur à Paris. En octobre, Bruno Irles (ex-entraîneur des Girondins et un de ses formateurs à Monaco, NDLR) a vu que j'étais toujours libre. Il m'a proposé de venir m'entraîner, m'a dit que ça allait m'aider d'être avec un groupe. Il avait même évoqué de disputer quelques matchs sans me bloquer en janvier. Il m'a parlé du club, des installations. J'ai été super bien accueilli par tout le monde. Mais alors que je revenais bien, il y a eu la blessure, tout seul sur un changement de direction. C'était frustrant ! Mais les gars, le staff m'ont aidé à passer ce moment. Quand le club m'a proposé de signer, c'était naturel pour essayer de les aider sur cette fin de saison. »
Les Girondins de Bordeaux
« Je les avais affrontés en Ligue 1 (en novembre 2015 et en août 2018), mais aussi en Coupe Gambardella (en 2013). J'avais aussi disputé au stade Atlantique la finale de la Coupe de la Ligue contre Paris (1-4 en 2017). Mais je ne connaissais pas la ville. Tout le monde m'en avait dit du bien. Le staff est évidemment moins étoffé, mais le centre d'entraînement n'a rien à envier à un club de L1. J'ai découvert un bon groupe, avec d'autres joueurs qui ont connu le niveau au-dessus. Il y avait beaucoup de nouveaux, mais ça ne se voyait pas et j'ai aimé ça. Même dans les dernières semaines, on est resté soudé. J'étais déçu pour Bruno (Irles, écarté fin mars). Mais j'ai signé pour les Girondins. Je vais tout donner pour le club. »
Les deux temps forts de sa carrière
« Être champion de France avec son club formateur, c'est extraordinaire. Cette saison-là avec Monaco (2016-2017), on marchait sur l'eau. Pour nous, jeunes, cette osmose facilitait pour rentrer dans l'équipe. À l'entraînement, il y avait un super niveau, mais aussi une bonne ambiance. La Ligue Europa avec Francfort, c'était différent : personne ne nous attendait. On a sorti le Betis (8e), Barcelone (quart), West Ham (demi-finale). On était un collectif, bon en contre. J'étais plus mature qu'à Monaco, j'avais joué presque tous les matchs élimination directe. Le prochain titre ? Être champion de N2 avec Bordeaux ! »
Son poste
« J'ai été formé comme défenseur central. Mais quand je suis arrivé en pro à Monaco, c'était bouché. Leonardo Jardim (l'entraîneur) m'a lancé en Coupe de France comme latéral (en février 2015 contre Rennes). Plus jeune, j'avais joué offensif dans le couloir et au bout de 9 minutes, je marque. Il ne m'a plus utilisé que là. À Francfort, ensuite, j'ai évolué piston droit, avant de revenir comme axial droit dans une défense à trois. Et je joue à nouveau dans l'axe les dernières saisons. »
Son avenir
« J'ai une année supplémentaire de contrat en cas de montée. J'y crois toujours, ce n'est pas fini. Ensuite, le plus important pour moi sera de rejouer, retrouver du plaisir, avoir un rôle important. »
Son coéquipier le plus fort
« À Monaco, il y en avait trop : Falcao, Fabinho, Bernardo (Silva)… Mais je vais dire Mbappé au vu de sa carrière depuis ! »
L'adversaire le plus fort
« Sur leur carrière, Lewandowski, Haaland, Neymar… Contre eux, tu te prépares avant. Mais celui qui m'a posé le plus de problèmes, c'est Karl Toko Ekambi avec Angers. Un match à 15 heures, il m'a usé ! »
Titulaire à 21 ans en quart de finale de C1 contre Dortmund (2-3, 3-1)
« On était dans une bulle, tout marchait bien. Quand tu débutes comme ça, les gens disent que ça va être chaud. Mais j'étais relâché, je voulais juste faire ce que j'avais à faire. C'était une belle expérience. »
Le moment où il s'est senti le plus fort
« Durant la campagne d'Europa League, en 2022. La même année, on avait gagné au Bayern 2-1. Un grand souvenir. Après, il y a des matchs référence avec Monaco : celui où j'avais réussi trois passes décisives (contre Guingamp, en 2017), un autre contre Metz dans le même style. »
Le match Girondins (2e/52 pts) - Montlouis (11e/28 pts), ce samedi 18 heures au stade Atlantique.



