Le match de Coupe de France entre Lattes et le Nîmes Olympique, prévu ce mercredi 7 octobre à Sussargues, se jouera à huis clos. Une décision qui a transformé la fête attendue en véritable casse-tête pour Abla Mansouri, l'entraîneur de Lattes, qui s'est confié à Midi Libre. « Au moment du tirage, c'était l'euphorie, on s'attendait à vivre une grande fête du football, à la clé c'est devenu un immense problème », déplore le coach de 66 ans, ancien joueur et entraîneur dans le Gard.
Du rêve au cauchemar pour les Lattois
Les Lattois espéraient légitimement profiter des retombées d'une telle affiche : une grosse affluence, une recette de buvette décuplée, un coup de projecteur sur le club et tout le travail effectué dans toutes les catégories. Il n'en sera rien. Les Héraultais auraient pu se consoler en jouant aux Antonins, mais la mobilisation des forces de sécurité pour la venue du souverain pontife en Occitanie et la feria de Nîmes en ont décidé autrement. Le match se jouera finalement à Sussargues, et à huis clos.
Pour Lattes, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le club disputera trois matches en une semaine, une situation qui risque d'avoir des conséquences durables. « La préparation a été complètement tronquée, on va jouer en semaine alors que mes joueurs travaillent et certains ne seront pas libérés par leurs patrons. On joue trois rencontres en sept jours, les joueurs ont levé le pied le week-end dernier (défaite 2-1 face à Sud Hérault) pour pouvoir être disponibles ce mercredi. Il y a aussi un problème au niveau des mutations (6 autorisées). Sans compter un probable et légitime coup de blues en cas de défaite qui pourrait entacher notre dynamique alors que la saison s'annonçait plutôt bien », explique Abla Mansouri.
« Tout ça, ce n'est plus la Coupe de France »
La situation agace également Abla Mansouri à titre personnel, lui qui se réjouissait de retrouver le microcosme du football gardois. « Je ne sais pas si ceux qui ont créé cet état de fait se rendent compte de l'impact négatif de cette décision. Les joueurs ne joueront pas devant leur famille, leurs amis, certains n'auront plus la chance de vivre quelque chose comme ça », regrette-t-il, avant de poursuivre, nostalgique : « L'excitation est retombée, même pour moi. Beaucoup de gens de Nîmes et des alentours étaient contents de me revoir, de parler football et de se remémorer une autre époque… »
Fataliste, Mansouri n'a pas d'autre choix que de l'être : « C'est comme ça, on est un peu un dommage collatéral à tout ce concours de circonstances. On n'a pas le choix. Maintenant, on va arrêter de pleurer, c'est un coup dur pour le club, qui en plus devra débourser de l'argent pour de la sécurité même pour un huis clos, mais on va jouer notre chance à fond et essayer de prendre du plaisir. Malgré tout, les gars sont contents de jouer face à Nîmes, une équipe qui a doublé tous les postes et qui est taillée pour l'échelon supérieur. »
Une « drôle d'aventure » à vivre
Pour conclure, le coach résume cet épisode inédit dans sa carrière comme « une drôle d'aventure ». Qui sait, peut-être que toutes ces péripéties donneront aux joueurs un supplément d'âme pour tenter de renverser la montagne Nîmes Olympique. Après tout, c'est aussi ça la magie de la coupe.