Pierre Le Corre : le défi fou de l'Ironman d'Hawaï
Pierre Le Corre : le défi fou de l'Ironman d'Hawaï

Le triathlète montpelliérain Pierre Le Corre, quatrième des Jeux olympiques de Paris 2024, s'aligne ce dimanche sur les Championnats du monde d'Ironman à Kailua-Kona, à Hawaï. À 36 ans, il se confronte à l'épreuve la plus exigeante de sa carrière : 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course à pied, dans un climat humide qu'il décrit comme « une folie ».

Une course mythique, un climat extrême

L'Ironman d'Hawaï est considéré comme la Mecque du triathlon longue distance, l'endroit où tout a commencé pour cette discipline. Pierre Le Corre, originaire de Bretagne et installé à Montpellier depuis une quinzaine d'années, mesure l'ampleur du défi : « C'est un peu la course de l'année pour un triathlète. Le seul truc qui surpasse cette épreuve, c'est les JO », confie-t-il. « Ça fait quelques jours que je suis là et je me demande encore comment je vais faire pour finir la course. L'humidité, ici, c'est une folie. »

Les distances sont impressionnantes : 3 800 m de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course à pied. Le parcours ne se distingue pas par sa topographie, mais par son climat redoutable. Les températures prévues dimanche avoisinent les 30 degrés, mais c'est surtout le taux d'humidité de 80 % qui s'avère fatal pour l'organisme. « La moitié des athlètes auront une défaillance physique, c'est sûr. Il y a des explosions dans tous les sens, beaucoup finissent par marcher. C'est un peu la roulette russe », explique le sportif.

Une préparation radicalement différente

Pierre Le Corre, champion du monde 2022 de triathlon sur le format half-Ironman, a dû adapter sa préparation. « Pour moi, c'est un autre sport. Autant l'half-Ironman, ça se rapproche de ce que je connais. Autant, là, ça n'a rien à voir, tu t'entraînes dans des zones plus basses mais sur une durabilité plus longue, avec une vraie stratégie nutritive. Le travail mental est aussi différent, c'est tellement long, il faut être patient, avoir plus de force », détaille-t-il.

Pour se préparer, il a élaboré ses propres plans d'entraînement, appliqués au sein de sa structure à Montpellier. Soutenu par l'Armée et différents sponsors, il s'entraîne notamment avec les meilleurs nageurs du circuit courte distance à la piscine Neptune, et alterne entre Font-Romeu et Montpellier pour optimiser ses performances. « À vélo, les coins autour du Pic Saint-Loup sont tops pour s'entraîner. Souvent, avec le vélo de chrono, on se fait des allers-retours Montpellier-Nîmes », précise-t-il.

Un objectif de gestion, pas de victoire

Parmi les 2 500 participants au départ de la course, Pierre Le Corre ne vise pas la victoire. « J'y vais avec l'ambition de faire une course pleine, sans défaillance. Tous les meilleurs sont là donc je ne vise pas du tout la victoire. Je veux être bien, contrôler ma course et être au contact du groupe après le vélo, être dans la dynamique. Mais c'est à quitte ou double, il ne faut pas se laisser emporter », assure-t-il.

Sur l'épreuve olympique, il avait bouclé le parcours en moins d'1h45. Pour cet Ironman, il espère terminer autour des 8 heures. L'histoire de l'épreuve remonte à 1978, lorsque John Collins, officier de la marine américaine, a imaginé ce défi en réunissant trois épreuves existantes : la Waikiki Roughwater Swim (3,8 km), la course cycliste Around-Oahu (180 km) et le marathon d'Honolulu (42,195 km). Le 18 février 1978, 15 concurrents ont pris le départ, et Gordon Haller a été le premier vainqueur en 11h46'58. Le record actuel est détenu par Patrick Lange en 7h35'53, établi en 2024.