Le temple du tennis s'est une nouvelle fois métamorphosé en skatepark géant. Ce samedi, 10.000 spectateurs passionnés et particulièrement chauvins ont rempli les tribunes du court central de Roland-Garros pour la deuxième édition parisienne de la Street League Skateboarding. Dans une ambiance survoltée, où chaque figure réussie déclenchait une clameur digne des plus grands matchs, c'est l'Américain Nyjah Huston, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris, qui a imposé sa loi.
Un retour au sommet pour Nyjah Huston
À 31 ans, le monstre sacré de la planche prouve qu'il reste au plus haut niveau mondial. Alors qu'une blessure grave l'avait écarté du skate pendant plusieurs mois après une chute sur une rampe d'escalier, l'Américain s'est offert un retour au sommet victorieux. Il devance sur le fil le Japonais Toa Sasaki et le Brésilien Giovanni Vianna.
Le maillot porte-bonheur de Vincent Milou
Côté français, les espoirs reposaient en grande partie sur Vincent Milou, vainqueur de l'édition précédente. Le Landais de 29 ans termine cette fois à la 5e place, affublé d'un maillot mythique de l'équipe de France 98 floqué Lizarazu et dédicacé par Zinédine Zidane. « Un porte-bonheur, je ne le sors jamais du placard ! » rigole le skateur tricolore, interrogé par la presse après la compétition.
Vincent Milou savoure son retour
Après plusieurs mois gâchés par les pépins physiques, Vincent Milou savoure surtout le bonheur de retrouver ses sensations face aux meilleurs. « Ça fait du bien de skater à ce niveau-là, d'être de retour et de me sentir en forme et serein, il y a deux mois ce n'était pas le cas », confie-t-il. « L'ambiance est dingue, ça pousse ! C'était une finale de ouf avec un énorme niveau, je suis hyper content pour Nyjah. Il a mis du temps à revenir après sa blessure, c'est cool pour lui. »
Une satisfaction partagée par le public, même si le clan tricolore est resté un peu sur sa faim. Privée d'Aurélien Giraud, blessé au genou et contraint d'observer ses camarades depuis les gradins, l'équipe de France a également vu Lawrence Ravail échouer aux portes de la finale lors des qualifications.
Niveau XXL et armada japonaise chez les femmes
Le plateau féminin a offert un spectacle tout aussi étourdissant, illustrant la suprématie sans partage du Japon sur le skate mondial avec quatre sélectionnées nippones parmi les cinq finalistes. Mais la victoire est finalement revenue à la surdouée australienne Chloe Covell, seulement 16 ans, victorieuse avec 31,9 points au terme d'un suspense haletant devant Coco Yoshizawa et Liz Akama. « Je suis vraiment ravie que toutes les filles se donnent à fond, réagit la gagnante. C'était vraiment difficile, tout le monde passe au niveau supérieur et je me suis beaucoup amusée. »
La Française Lucie Schoonheere, 16 ans, découvre cette année le circuit SLS. Classée 10e pour sa grande première, elle préfère retenir le positif malgré une pointe de déception bien légitime. « Pour moi ça a été assez similaire aux JO en termes d'ambiance, confie celle qui a terminé 11e aux JO de Paris en 2024. J'aurais pu faire mieux lors de mon passage, mais je ne perds pas espoir. J'ai le potentiel pour faire de belles choses dans ce circuit qui me plaît énormément. Le niveau des filles explose, il y a une concurrence incroyable. Tout le monde se motive et se pousse vers le haut. »