La révélation d'une sainte patronne pour les amoureux du vélo
Dans sa chronique vélo pour le magazine « Week-End » de « Sud Ouest », l'autrice franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse partage une découverte étonnante. Alors que les automobilistes se placent sous la protection de saint Christophe et les marins sous celle de saint Érasme, les cyclistes possèdent également leur propre figure sacrée. Et surprise, il s'agit d'une sainte patronne, un détail qui a particulièrement séduit la chroniqueuse.
Une rencontre fortuite dans l'Hérault
C'est dans un modeste magasin de vélos d'occasion de l'Hérault que le déclic s'est produit. Une gravure accrochée au mur a révélé l'existence de Notre-Dame de Ghisallo, plus connue sous son appellation italienne : Madonna del Ghisallo, patrona dei ciclisti. Cette découverte a éclairé un pan méconnu de la culture cycliste.
La consécration papale d'une tradition
À la fin des années quarante, précisément en 1949, le pape Pie XII a officiellement consacré Notre-Dame de Ghisallo comme patronne universelle des cyclistes. Cette reconnaissance pontificale, accordée par bulle papale avec bénédiction apostolique, faisait suite aux demandes insistantes des grandes figures du cyclisme transalpin de l'époque. Dans un pays où les liens entre catholicisme et sport restent profondément ancrés, cette consécration a pris une importance particulière.
Un sanctuaire perché au-dessus du lac de Côme
La petite église dédiée à la Madone, vieille de plus de quatre siècles, trône à 754 mètres d'altitude au-dessus des eaux scintillantes du lac de Côme. Ce lieu sacré est devenu un passage obligé pour toute la communauté cycliste, attirant chaque année plus de 200 000 visiteurs. Parmi eux se côtoient champions mondiaux, cyclotouristes de passage et dévots de la petite reine, tous unis dans leur passion pour le vélo.
Un musée insolite dédié à la mémoire cycliste
Le sanctuaire de Ghisallo abrite une collection extraordinaire qui témoigne de l'histoire du cyclisme :
- Des maillots multicolores portés par les champions des courses les plus prestigieuses du monde
- Des fanions provenant de clubs cyclistes de toute l'Italie
- Des trophées, médailles et photos historiques
- Des centaines d'ex-voto déposés avec espoir ou en remerciement de victoires
Plus surprenant encore, les murs de l'église sont ornés de vélos suspendus ayant appartenu à des légendes telles qu'Eddy Merckx, Fausto Coppi et Alfonsina Strada. Cette dernière, dont le nom prédestiné signifie « prête au combat », fut la première femme à participer au Tour d'Italie en 1924.
Symbolisme et spiritualité cycliste
Sur le parvis de l'église, une statue de bronze saisissante symbolise « la lutte entre la victoire et la défaite ». Elle représente un cycliste franchissant la ligne d'arrivée, bras levé en signe de triomphe, tandis qu'un autre coureur gît au sol, épuisé par l'effort. Cette œuvre artistique capture l'essence même de la compétition cycliste.
Une Madone résolument moderne
La gravure qui a initié cette découverte présentait une vision contemporaine de la sainte patronne. Représentée avec une bicyclette à la main et une casquette vissée sur la tête sous un voile orné de plateaux de vélo, cette Madonna del Ghisallo affiche un style résolument rock. La prière qui l'accompagne résume parfaitement les aspirations des cyclistes : « Protège-nous sur les routes, évite-nous les dangers et conduis-nous en lieu sûr. » Une invocation qui résonne particulièrement dans le cœur de tous ceux qui enfourchent régulièrement leur vélo.



