Dans l'épopée de l'Élan Béarnais, la soirée du 10 mai 1986 reste gravée dans les mémoires des supporters du club orthézien. Dans le chaudron de La Moutète, les Verts de Pierre Seillant décrochaient leur premier titre de championnat de France. Souvenirs.
Une soirée de folie à La Moutète
Pas une famille orthézienne, sans doute, n'a oublié cette soirée du 10 mai 1986. Deux ans après l'euphorie de la coupe Korac remportée au stade Pierre-de-Coubertin à Paris, les joueurs disputent une finale de championnat de France à domicile. Ce marché couvert de La Moutète, déjà devenu un temple mythique du ballon orange, est plein comme un œuf. Les hommes de Georges Fisher ne sont, a priori, pas les favoris face à l'équipe de Monaco.
« La saison n'avait pas très bien commencé », se souvient Patrick Labourdette. L'Orthézien de 26 ans, à l'époque, évolue alors lui aussi sur les parquets de l'Élan, dans des catégories plus modestes. Il se souvient de cette soirée « de folie », vécue sur le bord du terrain, à côté des tables de journalistes.
L'équipe de la saison 1985/86 comprenait, debout de gauche à droite : George Fisher (entraîneur), Bankali Kaba, Didier Gadou, Kirk Richards, Franck Butter, Harvey Knuckles (remplacé par Howard Carter en novembre), Paul Henderson, Jean-Pierre Dupic (directeur sportif). Assis : Robert Bialé (entraîneur adjoint), Pascal Laperche, Freddy Hufnagel, Mathieu Bisséni, Christian Ortéga, Alain Gadou, Pierre Seillant (président), Robert Marineau (soigneur).
La fête à chaque coin de rue
Sa mémoire lui souffle que les Verts avaient dû attendre l'arrivée de l'Américain Howard Carter, à l'automne 1985, pour créer une cohésion fertile en résultats. « Ce soir du 10 mai, l'euphorie s'est saisie de la ville bien avant le match et jusqu'au coup de sifflet final », rembobine-t-il. Et puis, ce fut une fête à tous les coins de la cité Fébus, jusqu'au petit matin.
« Cela a été une nuit de folie », confirme Jean Sarsiat, alors localier d'Orthez pour « Sud Ouest ». Ce 10 mai 1986, La Moutète exulte au coup de sifflet final. Les supporters des Verts et Blancs quittent les gradins pour investir le parquet et entourer leurs champions. Le journaliste se souvient principalement d'une liesse qui a réuni toute la ville. Derrière le maillot vert et blanc, toutes les générations, toutes les classes sociales, toutes les chapelles se retrouvent pour célébrer ce titre. « Et avec les joueurs au milieu des supporters pour fêter ensemble la victoire », souligne Jean Sarsiat.
Une victoire inattendue
Une victoire que le club n'avait pas anticipée, si l'on se fie aux archives de « Sud Ouest ». Rien n'a été prévu pour célébrer ce premier titre de champion de France. « On s'est contenté d'une soirée bizarre et d'une fête un peu ratée », écrit alors, sévère, le reporter du journal. À défaut de chapiteau ou de festivités dans les arènes, les supporters des deux équipes se ruent dans les bistrots de la ville, tous archicombles. L'heure légale de fermeture est allègrement dépassée sous l'œil bienveillant de la maréchaussée.
« Toutes les équipes qui venaient jouer à La Moutète étaient inquiètes, nous étions comme le petit village gaulois d'Astérix », s'amuse Patrick Labourdette. À la Reine-Jeanne, les musiciens de la banda orthézienne Los Gaouyous fanfaronnent les chansons à la gloire des Verts avec leurs cuivres. Bien sûr, le café Chez Moulia, fief de l'équipe, est le point névralgique de la fiesta. « Dans les rues, ça a été la fête toute la nuit comme durant la feria », raconte Patrick Labourdette. Derrière le comptoir de Claudine Bonnaventure, dite Cloclo, le prince de La Moutète, Mathieu Bisseni, sert lui-même le champagne.
Devant Chez Moulia, la route départementale 817 est noire de monde. La circulation est bloquée. À l'intérieur, les couche-tard se souviennent d'avoir entendu Pierre Seillant entonner l'hymne de l'Élan, une guitare à la main. Howard Carter, sapé comme un prince, y reçoit un accueil on ne peut plus chaleureux des supportrices. La plus chaude ambiance aurait été au Club, place Saint-Pierre. Là, les supporters landais, bayonnais, bordelais et palois du cinq orthézien refont le match.
Le rôle des supporters
Un match où, une nouvelle fois, les supporters orthéziens ont sans doute fait la différence. « Toutes les équipes qui venaient jouer à La Moutète étaient inquiètes, nous étions comme le petit village gaulois d'Astérix », s'amuse Patrick Labourdette. Bill Sweek lui-même, coach des Monégasques, confiait après le match : « Si nous avions un public pareil, c'est nous qui serions champions de France ». Et puis, tout le monde s'est retrouvé au « Bar bleu », rue des Capucins où se trouve désormais la discothèque le Pacifique, pour épuiser une nuit qui n'en finissait pas.
Le lendemain matin, les collégiens et lycéens de la cité Fébus prenaient le relais en déambulant dans les rues pour célébrer à leur tour les champions. Depuis la coupe Korac, la suppression des cours était devenue une tradition. Une plaque commémorative des exploits de l'Élan Béarnais d'Orthez dans le temple de La Moutète avait été dévoilée en juillet 2023 par Pierre Seillant, à l'occasion du 50e anniversaire de l'accession du club en 1re division.
Le club célèbre l'anniversaire ce dimanche au palais des sports de Pau
Ce dimanche 10 mai à 17 heures, au palais des sports de Pau, l'Élan Béarnais donne rendez-vous pour un moment historique et chargé d'émotion. À l'occasion des 40 ans du premier titre de champion de France, remporté le 10 mai 1986, le club célèbre son histoire lors d'un match exceptionnel face à Vichy.
Un moment spécial attend les supporters avant le coup d'envoi… Le club conseille d'être présents dans la salle avant 17 heures pour ne pas manquer cette surprise exceptionnelle. Une soirée unique pour revivre les grandes heures de l'Élan et rendre hommage à ceux qui ont marqué la légende du club.
Dès l'ouverture des portes à 15 h 30, de nombreuses animations sont prévues. Au programme : séances de dédicaces avec les anciens champions de 1986 (Bisseni, Hufnagel, Ortega, Henderson, Gadou) ; photobooth pour immortaliser ce moment unique ; présentation de la coupe avec possibilité de prendre des photos ; boutique vintage pour replonger dans les souvenirs du club.
La banda Lous Pastouros sera là pour faire vibrer le palais. Les familles pourront profiter d'un terrain de basket sur le parvis et de jeux en bois pour toute la famille. Une garde d'enfants et des animations dédiées aux tout-petits sont également prévues pour permettre à tous de profiter pleinement de la soirée.



