Mardi soir, Torstein Træen a endossé le maillot jaune du Tour de France à Foix, une grande première pour le coureur d'Uno-X Mobility qui fêtera ses 31 ans le 16 juillet. Avant lui, seuls deux Norvégiens avaient porté la précieuse liquette : Thor Hushovd (10 jours cumulés entre 2004 et 2011) et Alexander Kristoff (un jour en 2020). Træen n'était pas le plus attendu de son équipe, dans l'ombre du grimpeur Tobias Johannessen, du baroudeur moustachu Magnus Cort et du surpuissant Jonas Abrahamsen. Mais cette fois, c'est lui qui attire les regards.
Un premier Tour avec un coude fracturé
En 24e position du général à l'issue de la troisième étape, le Norvégien avait flairé le bon coup mardi : l'échappée avait de grandes chances d'aller au bout. Une fois n'est pas coutume, UAE et Visma Lease a Bike ont laissé filer. Træen ne s'est pas fait piéger, ni par la chaleur écrasante, ni par les mouvements de course, alors qu'une défaillance aurait pu bénéficier à Sean Quinn, sur qui il n'avait que 28 secondes d'avance.
« Pour être honnête, je n'arrive pas à y croire. Il me faudra peut-être quelques jours pour vraiment réaliser, confiait-il à l'arrivée. Quand je me suis glissé dans l'échappée, je n'y croyais pas vraiment avant d'aborder la dernière ascension. La seule chose que mon directeur sportif me répétait, c'était : ''Mange et bois, mange et bois !'' À un moment donné, il m'a annoncé que j'avais une avance assez conséquente. J'avais de bonnes jambes, alors il fallait espérer et y croire. »
Un parcours marqué par le cancer et les blessures
Mentalement, Træen est déjà bien armé. En 2022, il apprend qu'il souffre d'un cancer des testicules suite à un contrôle antidopage. Rapidement opéré, il retrouve le peloton quatre mois plus tard. L'année suivante, le bonhomme est au départ de son premier Tour de France… et chute dès la première étape. Bilan : fracture du coude. Et alors ? Il ralliera quand même les Champs-Élysées. Ça vous classe un coureur.
En jaune pour une semaine entière… voire plus ?
En 2024, première victoire dans le peloton professionnel, sur une étape de montagne du Tour de Suisse, devant des garçons comme Adam Yates, Mattias Skjelmose et João Almeida. La seule à ce jour. Il n'était pas loin d'en accrocher une deuxième en août 2025, en Andorre, sur la Vuelta, mais il était tombé sur un Jay Vine plus fort. Il avait tout de même endossé le maillot rouge de leader, et confirmé ses capacités en se classant neuvième du général final.
Passé professionnel chez Uno-X en 2020, il est revenu dans l'équipe cette année après deux saisons chez Bahrain Victorious. Comme lui, l'écurie norvégienne est partie de loin, mais il faut désormais compter sur elle. « Le Tour est la plus grande course au monde et je vais profiter de ce maillot aussi longtemps que possible. On verra au jour le jour, mais j'espère pouvoir le garder un bon moment », glissait-il mardi.
Les Pyrénées en ligne de mire
Il faudra serrer les dents jeudi lors du gros morceau pyrénéen, avec l'enchaînement du col d'Aspin, du Tourmalet et la montée finale vers Gavarnie-Gèdre. Mais avec 7'53'' de marge sur le duo Pogacar-Vingegaard, il y a de quoi voir venir. Sous réserve de ne pas se faire surprendre par Sean Quinn (à 28 secondes) et Mathias Vacek (à 3'50''), le Norvégien peut envisager de rester en jaune sans trop de souci jusqu'à l'étape du Lioran, le 14 juillet. Et titiller son patron Thor Hushovd, qui avait passé sept jours en jaune en 2011.



