À Montpellier, la piste du stade Philippidès saturée aux heures grand public
Stade Philippidès : la piste saturée aux heures grand public

De 20 heures à 22 heures, le stade Philippidès à Montpellier ouvre ses portes au grand public. Du joggeur au compétiteur, chacun tente de trouver sa place. Il y a les professionnels – lunettes de vitesse et maillot du club –, d’autres plus timides – écouteurs et bouteille à la main –, les jeunes qui viennent préparer leur première course ou encore les habitués en remise en forme.

Une cohabitation difficile

20 heures pétante. Tous se bousculent à l’ouverture du stade Philippidès, accessible au grand public jusqu’à 22 heures. Autour de l’anneau, chacun tente de trouver sa place. “C’est l’autoroute, on dirait l’A9 entre Nîmes et Montpellier à 17 heures”, s’exclame le président du Trail city Run, Samy Morcillo, en montrant du doigt sa cinquantaine d’athlètes zigzaguer entre les joggeurs. Debout près du départ du 100 mètres où tous ont posé leur sac, il les encourage, saluant parfois les coureurs de l’autre club, le Montpellier StaRT Running, présent de l’autre côté du stade, près des sautoirs.

Les deux associations, même si elles comptent une ou deux centaines d’adhérents, ne sont pas encore reconnues auprès de la mairie pour pouvoir prétendre, à l’image du MA2M, aux créneaux de club, de 17 heures à 20 heures. “On se coordonne entre clubs pour respecter les exercices de chacun. Mais au milieu du grand public, qui n’a pas les us et coutumes du stade, c’est très compliqué”, se plaint Laurent Vicente, président du StaRT et ancien champion d’Europe Master en trail et course de montagne. “Dès 20 heures, il faudrait des plots dans les virages pour au moins protéger les deux premiers couloirs et que les gens aient un repère visuel.”

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Des infrastructures en deçà des ambitions

Depuis la création de l’association en 2017, Laurent multiplie les demandes auprès de la mairie pour pouvoir partager les créneaux du MA2M. “On en a besoin pour faire des séances qualitatives. On a 70 athlètes qui font de la compétition, dix en haut niveau.” Et lorsqu’on évoque le stade Jean-Scialo – situé quartier Près d’Arènes et inauguré en novembre dernier –, il s’esclaffe. “Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse avec une piste de 350 mètres ? Toutes les distances sont calibrées en fonction de 400 mètres. Au bout de deux tours tu sais plus où t’en es. On ira jamais, ça nous sert à rien.”

Même conclusion pour la piste des Beaux-Arts, elle aussi non homologuée. La plus proche est à Baillargues ou à Fabrègues. Alors Philippidès, “plus central”, c’est l’idéal. La nuit tombée, une partie du stade se retrouve presque dans le noir, faute d’éclairage. “Pour ne pas finir trop tard, on se donne rendez-vous à 19 heures 30. On passe nos affaires par-dessus la barrière et on va s’échauffer autour en attendant que le stade ouvre”, détaille Laurent, lui qui espérerait au moins avoir un local pour les assemblées générales.

Des créneaux proportionnels au nombre de licenciés

Contactée, la Ville rappelle que l’Université (Creps) est propriétaire de cette installation sportive et l’exploite à ce titre en journée, en semaine. La Ville exploite le site pour des temps dédiés aux scolaires en journée, de 17 heures à 22 heures tous les soirs de la semaine (créneaux associatifs de 17 heures à 20 heures et créneaux ouverts au public de 20 heures à 22 heures), ainsi que les samedis de 20 heures à 22 heures et les dimanches matin de 9 heures à 13 heures (créneaux ouverts au public).

La municipalité a fait le choix de créneaux proportionnels au nombre de licenciés mettant en avant les deux clubs du MA2M (Montpellier Athlétic Méditerranée Métropole) et du MARC (Montpellier Athlétic Running Club). Ces clubs disposent des créneaux suivants : tous les soirs de la semaine, de 17 heures à 20 heures pour le MA2M et tous les mardis et jeudis, de 18 heures à 20 heures pour le MARC.

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En ce qui concerne le StaRT running et le Trail city Run, les services de la Ville indiquent que “ces nouveaux clubs se sont vus proposer la mise à disposition des pistes des équipements sportifs Delylle et Scialo. Ces propositions ont été rejetées par ces deux clubs, qui continuent d’utiliser les créneaux publics de 20 heures à 22 heures à Philippidès, avec un impact sur la surfréquentation de cet équipement sportif.”

21 heures. Les athlètes du TCR finissent leur séance. Pour leur coach Fabien Manzanares, le créneau 20 heures – 22 heures a tout de même ses avantages. “Avec le travail ou les études, on n’aurait pas pu décaler plus tôt. Et changer de jours ça n’a pas de sens pour le plan d’entraînement”, les séances étant prévues mardi et jeudi, tout comme celles du StaRT. Quant au président du StaRT, il dit vouloir “continuer à faire pression sur la mairie”, qui, si elle ne répond pas aux demandes, “risque de rater un gros coup sur le tissu associatif en running.”