Saint-Valentin : quand la fête des amoureux tourne au cauchemar
Saint-Valentin : des souvenirs douloureux et gênants

Saint-Valentin : l'envers du décor des cœurs et des fleurs

Impossible d'y échapper : les écrans de télévision, les vitrines décorées de rose et de cœurs, les menus spéciaux dans les restaurants... Ce samedi 14 février, la Saint-Valentin bat son plein. Pour de nombreux couples, c'est l'occasion idéale de partager un moment privilégié. Mais pour d'autres, cette date évoque des souvenirs amers, des rendez-vous ratés, des moments gênants, voire franchement catastrophiques. Indifférence, regrets ou honte, les témoignages recueillis par 20 Minutes ne mâchent pas leurs mots.

Des histoires qui font taire toute plaisanterie

Entre cœurs brisés et additions salées, certains récits imposent le silence. Valérie, par exemple, détient sans doute le pire souvenir. « En 1997, alors que nous fêtions notre Saint-Valentin, j'ai ignoré les appels incessants de ma mère, comme elle en avait l'habitude... Elle est décédée quelques heures plus tard. Je ne célèbre plus jamais cette fête depuis ! » raconte-t-elle.

Dans un registre différent, Laurent s'attendait à une soirée romantique, mais la réalité fut tout autre : « Elle a passé tout notre repas de Saint-Valentin à me parler de son collègue... qui s'est avéré être son amant. Et moi, j'avais la bague de fiançailles dans la poche ». Même déconvenue pour Samy : « Ah ! Ce 14 février où j'apporte un bouquet de fleurs à ma femme sur son lieu de travail pendant sa pause déjeuner. En rentrant le soir à la maison, elle m'annonce qu'elle m'a trompé avec un collègue. » Christophe, quant à lui, se prépare au pire ce samedi car sa femme « veut divorcer alors que 2026 aurait marqué nos trente ans de vie commune et vingt ans de mariage ».

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Quand l'amour n'est pas au menu

Certaines Saint-Valentin laissent une gêne durable. Nadège se souvient d'un dîner d'anniversaire, celui de sa fille née un 14 février, dans un restaurant, partagé avec son ex, après « une longue et douloureuse séparation ». Un repas au milieu de couples enamourés. Si leur fille est vite partie jouer, les parents sont restés attablés, se regardant en chiens de faïence. « Note à elle-même : ne plus jamais recommencer ! », écrit-elle.

Finalement, cette fête agit comme un révélateur : elle amplifie le bonheur, mais aussi les ratés, les absences, les maladresses et... les menus trop chers. Même les indifférents ou les malheureux en amour peuvent en devenir des victimes collatérales. Irène se souvient d'un restaurant bondé et assourdissant, qui l'a définitivement vaccinée contre cette date. Jean, lui, n'avait pas réalisé qu'on était le 14 février. Résultat : aucun restaurant disponible, sauf « un chinois plus cher » que d'habitude, avec une « attente interminable » et une « incompréhension totale... jusqu'à l'addition », confie-t-il.

Pour Patrice, c'est la météo qui a gâché la soirée. « Mon amie de l'époque est restée bloquée à Quiberon à cause d'un coup de vent. Habitants Belle-Ile-en-Mer, les bateaux ne passaient plus et étaient restés à quai à Le Palais et pas de smartphone à cette époque [début 2000] pour faire des visios. On s'est rattrapés le lendemain. »

Du sel, du poivre et une pincée d'humour

Maïtena raconte une épopée de 870 kilomètres de route, accompagnée de son père de 102 ans et de son mari, sans réservation, alors qu'ils enchaînaient sans succès les restaurants tous pleins. Après avoir « supplié pour une omelette ou un potage » dans le restaurant le plus cher, elle a obtenu... le menu spécial Saint-Valentin, imposé et cher, dégusté entourée de couples enamourés.

Véronique a aussi appris à ses dépens à regarder le calendrier. Venue avec sa fille au restaurant un jour de Saint-Valentin, elle n'a trouvé qu'une « table près des toilettes, attendue près d'une heure pour avoir la carte, pour au final avoir des plats mal cuits et plus de trois heures pour mal manger ». Problème de restaurant aussi pour Emmanuel, qui, lors d'une soirée avec son compagnon il y a vingt ans, a été victime d'homophobie de la part d'une serveuse dans un beau restaurant près d'Aix-en-Provence.

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Faute d'avoir trouvé une table libre, mais pas perdu son humour, un autre lecteur avoue « avoir fini au KFC », ce « qui explique peut-être pourquoi son ex a eu raison de le quitter ». Un autre livre son pire souvenir, bien personnel : il assure s'aimer suffisamment pour s'offrir des cadeaux à la Saint-Valentin... « sauf le jour où il a oublié ». Quant à celui qui a offert un serre-joint à la place d'une bague, « à la hauteur de son amour », son témoignage reste une énigme sentimentale.

Des dates qui coïncident mal

Il y a aussi les coïncidences malheureuses. « Divorce prononcé » un 14 février pour Xavier. Ou une rupture mal inspirée pour Laurent, il y a de nombreuses années avec Charlotte, en pleurs, le jour même de la Saint-Valentin. Ce dernier explique n'avoir pas réalisé que c'était le jour des amoureux. « J'ai donc, très probablement, fait vivre la pire Saint-Valentin à Charlotte et depuis, chaque 14 février, je repense à cette bien triste histoire qui me remplit de honte et de culpabilité encore après tant d'années, confie-t-il. Je n'ai jamais eu l'occasion de lui demander pardon alors si elle lit ces quelques lignes, je veux qu'elle sache que je suis profondément désolé. » Si vous lisez 20 Minutes Charlotte, faites-nous signe.

Enfin, dans la série « ce n'est pas le bon jour », il y a Tyffany, hospitalisée pour une opération lourde ce jour-là, pour « se donner une chance de concevoir un deuxième enfant ». Un 14 février où « j'ai failli mourir. Mon mari a attendu toute la nuit qu'on lui dise si j'étais sortie vivante de l'opération ou non. » Depuis, le couple ne fête plus la Saint-Valentin. Mais le 15 février, date de naissance de leur deuxième enfant l'année suivante, est devenu leur nouvelle célébration.