La pluie de sable en provenance du Sahara a provoqué une forte hausse de l'activité des stations de lavage de Menton et des communes voisines ce vendredi 28 août 2026. Selon Khaled, gérant de la station Khaled's située entre Menton et Castellar, la fréquentation a été « multipliée par trois » par rapport à une journée normale.
Des files d'attente dès le milieu de journée
Dès l'heure du déjeuner, des files de véhicules se sont formées devant les stations de lavage du Mentonnais. À la station Khaled's, une dizaine de voitures et de deux-roues patientaient devant les six pistes de lavage en libre-service. Khaled, installé sur une chaise, observait le ballet des automobilistes. « Il y a beaucoup plus de monde aujourd'hui. Beaucoup plus ! Je dirais même que la fréquentation est multipliée par trois », a-t-il déclaré à Nice-Matin.
Le gérant estime avoir accueilli « 150 ou 180 voitures » dans la journée, contre « beaucoup moins » lorsqu'il ne pleut pas. Il souligne également que les clients ne sont pas uniquement des habitués : « Ce sont vraiment tous les gens qui passent, qui s'arrêtent. Même les touristes. Si vous regardez autour de vous, vous voyez qu'il y en a beaucoup. »
Une manne pour les professionnels du lavage
Pour les professionnels du secteur, cette couche de sable représente une opportunité commerciale. « Pour le business, c'est parfait ! Je ne vais pas dire non », lance Khaled. Il précise que les automobilistes ne se contentent pas toujours d'un simple lavage extérieur : « Les gens ne viennent pas forcément seulement pour laver l'extérieur. Des fois, ils passent aussi l'aspirateur, ils nettoient les pneus, ils utilisent le matériel qu'on met à leur disposition. »
Ce vendredi, les aspirateurs ont même dû être retirés temporairement en raison de l'affluence. « Je ne peux pas laisser les voitures bloquer les passages », explique le gérant. Le compteur d'eau de la station constitue selon lui la meilleure preuve de cette activité inhabituelle : « De toute façon, le compteur d'eau, il parle ! Il suffit de regarder la consommation pour voir la différence. »
Une fréquence en hausse liée au climat
Khaled, qui exerce dans le secteur depuis près de quarante ans, observe une évolution de la fréquence de ces épisodes. « Avant, la pluie de sable, c'était une fois dans l'année. C'était quelque chose d'assez ponctuel. Mais maintenant, je constate que ça arrive deux, trois, voire quatre fois par an », affirme-t-il. Il note également un décalage saisonnier : « Normalement, ce genre de pluie, on l'avait plutôt en avril, avril-mai. Maintenant, ça arrive même en hiver. »
Le gérant attribue cette évolution au changement climatique et exprime des réserves malgré les retombées commerciales. « Pour le business, c'est parfait, je ne vais pas dire le contraire. Quand il y a du sable, les voitures sont sales et les gens viennent les laver. Donc forcément, ça nous fait travailler. Mais derrière, il y a le climat. Il y a la sécheresse aussi. Ça, c'est quelque chose de terrible », confie-t-il.
Des automobilistes pressés de laver leur véhicule
Malgré les recommandations des prévisionnistes d'attendre la fin de journée, de nombreux automobilistes n'ont pas attendu. Michel, retraité, assume son choix : « Je suis venu laver ma voiture parce que je ne supporte absolument pas de la voir comme ça. Ça me dégoûte ! Je sais qu'elle risque d'être à nouveau sale, mais tant pis : je suis prêt à prendre le risque de devoir la relaver dans les prochains jours ! »
Julia, jeune Mentonnaise qui vient d'obtenir son permis, évoque une raison de sécurité : « Je suis venue surtout pour une question de sécurité, pas pour la beauté. Ce matin, je ne voyais rien à travers les vitres latérales. Sincèrement, ça m'a fait peur de conduire dans ces conditions. » Brice, chauffeur de taxi à Menton, doit laver son véhicule quotidiennement : « Je l'avais lavée hier, mais aujourd'hui je dois la relaver. Et s'il pleut encore ce soir, je devrais la relaver aussi demain… Ça fait partie de notre métier. »



