Marc Belvisi, maire de Pierrefeu depuis 2012, porte une vision claire : faire grandir son village sans céder aux sirènes du tourisme de masse. Avec un budget annuel d'environ 300 000 euros, il multiplie les projets pour attirer et maintenir les familles. Au programme : rénovation de la chapelle Saint-Nicolas, aménagement d'un véritable centre-bourg, création d'un espace de loisirs et d'un Fab Lab. La commune, qui compte plus de 340 habitants, mise sur un développement maîtrisé et des services publics renforcés.
Rénovation de la chapelle Saint-Nicolas et amélioration du réseau
Parmi les dossiers phares, la rénovation de la chapelle Saint-Nicolas vise à corriger un défaut structurel tout en créant un lieu culturel, en accord avec la paroisse. « Nous avons obtenu des subventions de l'État, de la Région et du Département, qui financent à près de 80 % », précise le maire. Les résultats de l'appel d'offres sont en cours de traitement et le marché sera attribué prochainement.
Côté réseau, la commune est désormais bien maillée avec deux antennes 4G. La nouvelle antenne a été installée en début d'année, répondant à une réflexion engagée depuis la tempête Alex. Marc Belvisi souhaite aller plus loin : « Il faudrait qu'elles soient équipées de groupes électrogènes et qu'en cas de coupure d'électricité, nous ayons au moins une demi-heure d'autonomie et de réseau. »
Services publics et attractivité maîtrisée
Pour les services publics, la commune a acquis une maison près de l'école pour créer une structure d'accueil dédiée aux jeunes enfants et éventuellement y déplacer la cantine. Le projet attend la validation de la communauté de communes Alpes d'Azur, compétente pour les écoles et la petite enfance. « Il n'existe aucune structure semblable dans notre intercommunalité », souligne le maire, qui y voit un enjeu pour maintenir la population.
La vallée de l'Estéron attire un tourisme nature, mais la commune reste vigilante. Avec Toudon, Gilette et Le Broc, Pierrefeu a souscrit à un dispositif payant de l'Office national des forêts (ONF) pour des surveillances de nuit. « Certains enlèvent les pierres pour faire des barrages dans la rivière, d'autres campent alors que c'est interdit et nous craignons les départs de feu », explique Marc Belvisi. Les agents verbalisent beaucoup.
Une croissance démographique satisfaisante, mais des frustrations
La population est passée de 260 habitants en 2012 à plus de 340 aujourd'hui, avec 38 enfants à l'école répartis en deux classes. « Le rythme de progression est plutôt satisfaisant », estime le maire, qui préfère gérer une population résidant à l'année plutôt qu'un flot touristique source de nuisances.
Malgré ces avancées, Marc Belvisi exprime sa déception : « On a plein d'idées mais on n'est pas écoutés. » Il critique l'association des maires (AMF 06), devenue « très politique », et le changement de scrutin pour les communes de moins de 1 000 habitants, validé « dans notre dos ». Il attend depuis trois ans un rendez-vous avec Jérôme Viaud, président de l'AMF06.
Le maire déplore également la défiance de l'État : « Peut-être qu'on ne les intéresse pas parce qu'on est trop petits et qu'on n'a pas de poids politique. » Il salue le soutien du Département et du Sénat. Parmi ses priorités : un espace de détente avec city stade et cheminements vélo (projet chiffré à 600 000 euros), l'aménagement du quartier du Villars en véritable centre-bourg avec un commerce multiservice, et la création d'un Fab Lab communal pour expérimenter et réparer, notamment l'éclairage public.