Paris : un document secret propose une refonte radicale du périscolaire
Paris : un document secret pour refonder le périscolaire

Un document interne de la mairie de Paris, daté du 9 mars 2026 et jamais rendu public, dresse un constat accablant sur la gestion du périscolaire dans la capitale. Révélé par Le Point, ce projet de délibération, rédigé par la Direction des affaires scolaires (Dasco), propose une refonte en profondeur du système, qualifié de « défaillance systémique ».

Un diagnostic sévère

Le texte, qui n'a jamais été débattu ni présenté aux élus, estime que « pendant trop longtemps, la précédente Municipalité a laissé s'installer un modèle qui amène aujourd'hui à la défaillance complète du système ». Il pointe plusieurs dysfonctionnements majeurs :

  • 75 % des animateurs sont employés comme vacataires, avec des horaires morcelés et une précarité qui empêche la constitution d'équipes stables.
  • Certains adultes encadrent des enfants « parfois sans aucune qualification ».
  • Il n'existe « pas de véritable inspection du périscolaire ».
  • Les procédures de signalement et l'information des familles sont « totalement défaillantes ».

Des mesures radicales

Le projet prévoit un train de mesures correctives, chiffré à 39,5 millions d'euros en 2026, puis 42,9 millions par an à partir de 2028. Parmi elles :

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  • Renforcement de la sécurité : vérification systématique du casier judiciaire avant tout recrutement, entretien approfondi.
  • Professionnalisation : plan de formation pour que tous les animateurs atteignent le BAFA d'ici septembre 2028, formation à la détection des violences.
  • Création d'une Inspection municipale du périscolaire : 35 inspecteurs chargés de contrôles réguliers et inopinés dans les 650 écoles, avec publication d'un rapport annuel.
  • Titularisation de 100 % des agents d'ici septembre 2028, avec un coût annuel de 34,3 millions d'euros pour 7 000 agents. Le recours aux vacataires serait proscrit.
  • Prime annuelle de 500 euros au mérite et accès facilité au logement social pour fidéliser les équipes.
  • Accompagnement psychologique pour les enfants victimes d'abus et leur famille.
  • Cellule de signalement dans chaque arrondissement et dispositif d'urgence pour changer d'école.

Réactions des syndicats

Contactée, Anne-Claire Boux, adjointe en charge des affaires scolaires, dit ne pas avoir connaissance du document. Les syndicats, qui manifestent ce mardi devant la Dasco, jugent ces propositions « intéressantes ». Alexandre Herzog (CGT) se dit favorable à une titularisation massive, mais estime que la ville ne suit pas cette voie. Les discussions ne font que commencer.

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