Masques chirurgicaux : de la pénurie à la banalisation
Masques chirurgicaux : de la pénurie à la banalisation

Acheter un masque chirurgical en pharmacie, ça vous paraît anodin ? Pourtant, il y a encore six ans, cette protection contre les virus et les bactéries était uniquement réservée aux professionnels de santé. « C’est simple, je n’en avais jamais acheté à destination de mes clients », lance cette pharmacienne basée à Angers (Maine-et-Loire).

Medicom, un géant de la protection à usage unique

À une trentaine de minutes de sa pharmacie est implantée le géant de l’équipement de protection à usage unique Medicom. Dès les premières craintes de propagation de hantavirus début mai, l’entreprise a été sollicitée par l’État français pour savoir si elle était « en capacité d’augmenter ses capacités de production de masques en cas de besoin », explique Benoit Guillet, directeur marketing du site.

Une très faible production pour le grand public

Hors pandémie, « un peu plus de 50 % de la production de masques [chirurgicaux et FFP] de l’entreprise est destinée au secteur médical, analyse le spécialiste, hôpitaux, soignants, milieu dentaire… » La deuxième plus grande part de production de masques est réservée à l’industrie dont le secteur des sciences, de l’hygiène « mais aussi le secteur pharmaceutique et le secteur agroalimentaire, ajoute Benoit Guillet. Viennent ensuite, et dans une moindre mesure, les commandes effectuées par les commerces et les pharmacies où les masques sont commercialisés pour le grand public.

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Le Covid-19 a chamboulé la dynamique

Mais début 2020, le Covid-19 est venu chambouler la dynamique de l’entreprise du Maine-et-Loire. Sur la période de la pandémie, Medicom a vu sa production doubler, voire tripler, passant d’un peu moins de 1 million de masques produits par jour, à 2 à 3 millions de masques quotidien. « L’État a appris de ses erreurs grâce au Covid, leur sollicitation dès les premières craintes liées au hantavirus visait à anticiper les stocks de masques à échelle nationale » si une pandémie venait à se représenter. Medicom travaille majoritairement avec des clients français et quelques clients européens.

Après la pandémie, le site a retrouvé une activité « classique » mais assure être en mesure de pouvoir de nouveau produire jusqu’à 3 millions de masques par jour et sur la durée en ouvrant toutes ses chaînes de production – notamment le week-end – et en augmentant ses effectifs. « Mais il ne faut pas tomber dans la psychose, nous n’avons pas boosté notre production avec l’arrivée du hantavirus. »

Le grand public garde l’habitude du masque

Pour le grand public, le port du masque chirurgical est resté une habitude pour certains Français. « Même si leur achat reste évidemment moins fréquent qu’en période de pandémie, beaucoup ont le réflexe de venir en pharmacie pour s’en procurer, que ce soit parce qu’ils se sentent malades ou parce qu’ils rendent visite à des personnes fragiles », constate la pharmacienne angevine, « depuis le Covid, j’en ai toujours en stock ».

La professionnelle de santé se veut elle aussi rassurante, malgré la médiatisation des premiers cas « les clients ne parlent pas énormément du hantavirus ». Une donnée communiquée par France Inter révèle pourtant que la demande de masques chirurgicaux a été multipliée par quatre la semaine dernière en moins d’une semaine.

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