François Cartigny, un retraité lot-et-garonnais, obtient la mention « mort en déportation » pour un oublié des camps japonais
Un retraité obtient « mort en déportation » pour un oublié des camps japonais

François Cartigny, un justicier de la mémoire qui rend hommage aux oubliés des camps japonais

François Cartigny, un retraité lot-et-garonnais d'Escassefort, ancien avocat et notaire, vient de remporter une nouvelle victoire pour la mémoire historique. Il a obtenu l'attribution de la mention « mort en déportation » pour Jean Lucas, un lieutenant vétérinaire décédé en 1945 dans le camp de concentration japonais de Hoa Binh en Indochine. Cette reconnaissance, publiée au Journal officiel du 13 décembre 2025, souligne le travail infatigable de cet homme de 80 ans, déterminé à redonner une dignité posthume aux victimes négligées de la Seconde Guerre mondiale.

Un combat méthodique contre l'oubli

À 80 ans, François Cartigny, avec la précision d'un juriste, poursuit son œuvre de mémorialiste. Il consacre des heures, des jours et parfois des nuits à des recherches approfondies sur les listes des morts pour la France durant la guerre. Son objectif est de cibler spécifiquement ceux qui ont péri en Indochine, un théâtre d'opérations souvent méconnu. Grâce à son acharnement, il a déjà permis à trois personnes, dont Jean Lucas, de recevoir la mention « mort en déportation » pour leur souffrance dans les camps nippons, où la cruauté rivalisait avec celle des nazis.

Le parcours tragique de Jean Lucas

Né à Madagascar en 1909, Jean Lucas a quitté la Métropole en octobre 1939 pour servir en Indochine dans le 4e régiment d'artillerie coloniale. Il a laissé derrière lui une fille âgée de quelques semaines, qu'il n'a jamais revue, mais qui est toujours en vie et que François Cartigny a retrouvée en Angleterre. Capturé par les Japonais lors de leur attaque du 9 mars 1945, il a été interné dans la prison de la citadelle de Hanoï, puis dans le camp de Hoa Binh, où il est décédé le 6 septembre 1945 d'une diphtérie gangreneuse contractée pendant son incarcération.

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Un travail de recherche exhaustif

François Cartigny mène un travail de moine, consulté des archives au service historique de la Défense à Vincennes et au centre des archives de l'Office national des combattants et des victimes de guerre à Caen. Ses efforts ont déjà abouti à des dizaines de mentions « mort pour la France » et à des titres posthumes comme « déporté résistant ». En 2016, il a obtenu cette mention pour deux soldats martiniquais, Onésime Faustin Vernès et Agnès-Albert Aly, faisant grand bruit dans les milieux d'anciens combattants.

Les horreurs des camps japonais

Les camps japonais en Indochine étaient le théâtre d'atrocités effroyables, incluant des décapitations, des corps démembrés abandonnés aux animaux de la jungle, et des prisonniers bastonnés, torturés et enfermés dans des cages en bambou. François Cartigny détaille ces sévices avec une précision glaçante, rappelant que près de 3 000 Français sont morts lors de la prise de contrôle japonaise en 1945.

Prochain objectif : Joseph Gontran

François Cartigny ne compte pas s'arrêter là. Il vise maintenant à obtenir la même mention pour Joseph Gontran, un supplicié du camp de Hoa Binh, mort décapité au sabre le 12 juillet 1945. Son nom est inscrit sur le monument du Centre d'accueil des Français d'Indochine de Sainte-Livrade, en Lot-et-Garonne. Cartigny imagine que Jean Lucas et Joseph Gontran ont pu se rencontrer et se parler, renforçant ainsi les liens entre ces martyrs oubliés.

À travers son engagement, François Cartigny continue de lutter contre l'oubli, assurant que les sacrifices de ces hommes ne tombent pas dans l'indifférence. Son travail est un hommage poignant à la mémoire collective et à la résilience humaine face à l'horreur.

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