Une mobilisation massive pour le nettoyage des rives de la Garonne
Dans le Réolais, en Sud-Gironde, le nettoyage des rives de la Garonne se poursuit activement grâce à l'engagement de nombreux bénévoles, notamment des sapeurs-pompiers et des volontaires de la Croix-Rouge. Cette opération d'envergure, initiée pour venir en aide aux sinistrés des récentes inondations, trouve son centre logistique dans le village de Bassanne, stratégiquement positionné à cheval sur les casiers de Barie et Floudès.
Bassanne, base arrière d'une solidarité organisée
Depuis la salle des fêtes de Bassanne, Carine Butler, première adjointe de la commune, orchestre avec dévouement la cantine solidaire. « Le traiteur arrive bientôt ? », s'enquiert-elle auprès d'un agent de la Communauté de communes du Réolais en Sud-Gironde, qui assure le financement et la logistique de ces repas. Le mercredi 25 février, ils étaient une soixantaine à profiter du soleil pour reprendre des forces, dont 25 sapeurs-pompiers engagés dans les opérations.
Le maire de Floudès, François Quirin, a lui aussi fait une pause à Bassanne pour déjeuner, soulignant l'importance de ce point de ralliement. « C'est central, ça permet de dispatcher », constate simplement Carine Butler, qui avoue s'être écroulée de fatigue la veille. Lundi, 45 personnes étaient présentes, mardi 86, et près d'une cinquantaine étaient encore attendues jeudi, avec des rendez-vous pouvant durer jusqu'à samedi.
Une main-d'œuvre bénévole choyée et déterminée
Au menu, préparé par le traiteur La Cuisine de Valérie de Saint-Martin-de-Sescas, une macédoine, un rôti de porc et de la purée, « qui tient au corps » pour ces travailleurs de l'ombre. Valérie, la cuisinière, enchaîne les petites nuits pour honorer ce contrat imprévu : « Je trouve bien de participer à mon échelle à l'effort ».
Parmi les bénévoles, on compte des agents communaux d'Aillas, Pondaurat et Savignac, ainsi qu'un employé de la Cuma Sud Garonne, détachés par leurs employeurs. Frédéric Besse, de Savignac, assure : « Je peux vous dire qu'on en fait des bennes ». Manu Crouzet, d'Aillas, prédit : « Heureusement qu'il y a des gens qui viennent, mais la semaine prochaine, il y aura encore du travail ».
La Croix-Rouge, pilier du soutien psychologique et logistique
Une vingtaine de bénévoles de la Croix-Rouge sont mobilisés chaque jour, certains venant de loin, comme Cédric Zaïd de Nancy. « On est tous humains, donc ça nous touche aussi, ces situations », confie-t-il. Olivier Thanry, directeur des opérations arrivé de Corrèze, assure qu'ils resteront « tant qu'il y aura besoin », tout en offrant un soutien psychologique crucial aux sinistrés : « Il y a des gens qui sont restés douze jours coupés du monde. Psychologiquement, on sent que ça devient compliqué ».
Les opérations de nettoyage sont un travail de fourmi, comme l'explique un sapeur-pompier : avec une citerne de 12 000 litres, ils nettoient seulement 100 mètres de voirie. À 14h30, après un dernier café, tous repartent frotter le limon de la Garonne. Dans la salle des fêtes, Carine Butler s'attaque à la vaisselle « à la mimine », faute de lave-vaisselle, avant de passer le balai. « Hier, j'en pouvais plus. Et ce jeudi, il faudra recommencer », soupire-t-elle, mais avec la détermination intacte de faire disparaître la boue et de soutenir les habitants, pour qui cette solidarité fait un bien immense.



