Le salon du chiot de Béziers : entre enchantement familial et controverse animale
À Béziers, le salon du chiot, qui se poursuit ce dimanche 1er mars au palais des congrès, offre un spectacle attendrissant pour les familles. Dix-sept éleveurs professionnels venus du grand Sud de la France présentent des chiots de races variées comme le Spitz, le Shiba ou le Pomchi. Ces petites boules de poils s'ébattent joyeusement sur un sol de paille, captivant particulièrement les enfants.
Un marché canin encadré mais lucratif
Sylvie Calmon, éleveuse et agricultrice dans le Tarn, explique la tendance actuelle : « La mode est aux petits chiens, mais nous vérifions systématiquement les conditions de vie des acheteurs. Leur habitat, leur situation familiale et leur disponibilité déterminent quel animal nous vendons. » Avec des prix oscillant entre 700 et 2 000 euros par chiot, la sélection est cruciale, d'autant plus que les demandes des enfants peuvent être très spécifiques.
Francis Duprat, organisateur du salon, défend le sérieux de l'événement : « Il n'y a rien de plus contrôlé qu'un salon du chiot. Tous nos éleveurs sont des professionnels déclarés. » À l'entrée, des affichettes rappellent que l'adoption d'un animal engage pour vingt ans et mentionnent la règle des sept jours de réflexion.
La règle des sept jours : une évolution juridique
Luc Dadonne, président du syndicat d'éleveurs Synapses, précise une nuance importante : « Nous avons obtenu du Conseil d'État que les acheteurs doivent avoir pris connaissance du certificat d'engagement sept jours avant l'achat, sans obligation de signature immédiate. Leur simple déclaration suffit pour être en règle. » Cette disposition permet techniquement à un particulier de repartir le jour même avec son chiot, un point vivement critiqué par les défenseurs des animaux.
La mobilisation du Parti animaliste
Le salon n'est pas sans controverse. Francis Duprat, figure connue du milieu, a été condamné en 2003 pour importation illégale de chiens, avant d'être blanchi en 2015 dans une affaire similaire. Ses événements font régulièrement l'objet de protestations, comme en octobre 2025 où plus de 20 000 signataires ont demandé l'interdiction de son salon toulousain, ou en février 2024 lorsque la mairie de Millau l'a annulé au dernier moment.
Muriel Sireyjol, représentante du Parti animaliste sur la liste municipale du Printemps de Béziers, manifeste devant l'entrée avec d'autres militants. Elle dénonce vigoureusement : « Les salons du chiot encouragent souvent l'achat impulsif et favorisent un modèle commercial où l'animal devient un produit. » Alors que les refuges de la SPA sont saturés, cette commercialisation lui apparaît particulièrement problématique.
Un débat irréconciliable mais un ennemi commun
Malgré leurs divergences profondes, Francis Duprat et Muriel Sireyjol s'accordent sur un point : les ventes de chiots par des particuliers sur internet, sans aucun contrôle, représentent un problème encore plus grave que les salons professionnels. Ce marché parallèle accapare aujourd'hui une part significative du commerce des animaux domestiques, échappant à toute régulation.
Le salon du chiot de Béziers cristallise ainsi les tensions entre une approche commerciale encadrée et les revendications des défenseurs de la cause animale, dans un contexte où la demande pour les compagnons à quatre pattes ne faiblit pas.



