À Saint-Jean-de-Fos, dans l'Hérault, Florent Gourdin a obtenu son agrément Sécurité civile pour dispenser la formation aux premiers secours citoyens (PSC). Cette initiative répond à un constat : en France, la formation de la population aux gestes de premiers secours est parmi les plus faibles d'Europe, avec un taux évalué entre 27 et 40 %, contre 80 % dans les pays nordiques. L'objectif gouvernemental de 80 % de la population formée est loin d'être atteint, notamment en raison de la difficulté à trouver une formation proche en milieu rural.
Un constat d'inégalité d'accès en milieu rural
Florent Gourdin, ancien sapeur-pompier volontaire pendant douze ans dans le Gard, témoigne : « En arrivant à Saint-Jean-de-Fos, je me suis aperçu qu'il y avait peu de stages en milieu rural. C'est compliqué. Il faut souvent faire plus de 40 km, il y a un manque de place, manque de temps aussi. L'accessibilité à la formation est inégale. »
Pour remédier à cela, il a créé son association, le Centre français de secourisme de l'Hérault, rattaché au Centre français de secourisme national. Cette structure est obligatoire pour obtenir l'agrément de Sécurité civile délivré par le ministère de l'Intérieur. Désormais, il peut officiellement pratiquer la formation PSC, anciennement PSC1, qui permet de savoir réagir efficacement avec une personne en danger, en attendant l'arrivée des pompiers.
Des motivations variées parmi les participants
Ce samedi 10 octobre, les participants avaient tous une bonne raison d'être présents. Plusieurs venaient de Saint-Jean, mais d'autres de plus loin : Frontignan, Hérépian ou encore Le Vigan. David, coach de rugby, explique : « C'était urgent pour moi, car c'est obligatoire. » Six lycéens ont bénéficié de la carte jeune délivrée par la Région, qui prend en charge le coût du PSC. Lou, qui n'avait pas pu participer à l'initiation de deux heures aux gestes qui sauvent (GQS) dans son collège, a profité de cette opportunité. Margaux, qui avait fait cette initiation, « veut la compléter ». Alyssa, en plein BAFA, précise : « Je prépare le brevet surveillant de baignade. Donc, j'ai besoin du PSC. » Louane et Nolan sont pragmatiques : « Ça donne des points pour Parcoursup. » Gabriel fait ça « au cas où. On peut être confronté à une situation de danger à la maison, dans la rue, partout. » Luna, étudiante et animatrice, confie : « Ça me rassure avec les enfants. Cet été, il y a eu une petite qui s'est étouffée. Il faut savoir réagir. » Delfim, à la retraite, pratique la randonnée : « Je veux être capable d'intervenir en cas de danger. » Jacques, propriétaire d'une maison d'hôtes dans le village, avait déjà une formation « mais il faut faire des révisions, il peut y avoir de nouvelles techniques. Et en cas d'urgence, moins on a à réfléchir, plus on est efficace. »
Un enjeu citoyen et des chiffres clés
Pour Florent Gourdin, le PSC « est un regard citoyen, une mission de service public. Il faut être capable de porter assistance à quelqu'un ». La formation est obligatoire pour exercer dans certains cas : encadrement sportif, Atsem, nounous, animateurs. Pour le permis de conduire, il y a également des questions de secourisme. Selon la Croix-Rouge française, si toute la population était formée, on pourrait sauver 20 000 vies par an. Sept arrêts cardiaques sur dix surviennent devant témoins, mais moins de 20 % d'entre eux savent pratiquer les bons gestes avant l'arrivée des secours.
La formation est accessible à partir de 10 ans avec autorisation parentale pour les mineurs. Elle dure 7 heures (de 9 h à 17 h, avec une pause repas) en présentiel. Le coût est de 60 € par personne, gratuit pour les titulaires de la carte jeune Région. Les prochaines dates sont prévues à Aniane le samedi 7 novembre, salle Arnavielhe (il reste quelques places), et à Lodève le samedi 12 décembre, école Saint-Joseph.