Une célébration citoyenne et fédératrice des droits féminins à Plaissan
Le foyer municipal de Plaissan a vibré dimanche 8 mars à l’occasion de la deuxième édition de la Journée des droits des femmes. Organisée par l’association Vivre Ensemble Naturellement avec le soutien de la municipalité, cette manifestation a rassemblé habitants et acteurs locaux dans un esprit de convivialité et de solidarité. Élisabeth Jaune, présidente de l’association, souligne le caractère unique de cette initiative : « Il y a assez peu d’initiatives dans la Vallée de l’Hérault par rapport aux marches régulièrement organisées à Montpellier ou à Béziers, et elles sont souvent le fait d’élues pour d’autres élues. » C’est précisément pour proposer une alternative résolument citoyenne qu’elle a souhaité pérenniser cet événement, initié avec succès en 2025.
Un héritage démocratique fort
La première édition, en 2025, avait marqué les esprits avec le lancement d’un grand référendum ouvert par la municipalité à tous les habitants pour baptiser l’école du village. Après une sélection de huit noms de femmes illustres, le dépouillement public, organisé fin juin dans le parc, avait vu Joséphine Baker l’emporter de justesse face à Rosa Parks. Un choix démocratique fort, ensuite entériné par un vote solennel du conseil municipal et concrétisé par la pose d’une plaque. Cet ancrage local donne toute sa légitimité à l’événement, renforçant son impact dans la communauté.
Danse, prévention et débats au cœur de la journée
Pour cette deuxième édition, la volonté de l’organisatrice était d’offrir une approche moins revendicative et plus fédératrice, tout en maintenant un engagement ferme pour les droits des femmes. L’événement a réuni plusieurs acteurs locaux :
- L’association Aux 4 Saisons à la buvette.
- Un food-truck pour la restauration.
- Sarah pour des ateliers de maquillage.
Le grand temps fort de la journée a été porté par l’association montpelliéraine Shimmy, avec un stage de danse animé par Laëtitia Rouxel. L’intégralité des recettes a été reversée à une maison d’accueil d’urgence de Montpellier, offrant un refuge vital aux femmes et à leurs enfants contraints de fuir leur domicile face aux violences conjugales. La prévention et le dialogue étaient également au centre du programme, avec une éducatrice spécialisée déployant divers outils d’information contre les violences sexistes et sexuelles, notamment le « violentomètre ».
Vers des espaces de parole pérennes
L’après-midi a laissé place à des temps de débats animés, où la parole des femmes a été valorisée sans interruption. Comme l’a rappelé Élisabeth Jaune, il est crucial de maintenir ces espaces dédiés où la voix des femmes n’est pas interrompue ni monopolisée. L’association espère d’ailleurs transformer l’essai en instaurant des groupes de parole réguliers tout au long de l’année, afin de créer un dialogue continu et inclusif. Cette initiative illustre une dynamique locale croissante, où la solidarité et l’action citoyenne se conjuguent pour faire avancer les droits féminins dans un cadre convivial et engagé.



