À Saint-Xandre, le combat d'une mère pour l'inclusion de son fils autiste
Marine Poingt, résidante de Saint-Xandre, mène un combat quotidien pour l'inclusion scolaire de son fils Gabriel, âgé de 7 ans. Le jeune garçon est diagnostiqué autiste sévère avec déficience intellectuelle, et son avenir scolaire est gravement menacé par le manque de places en Institut médico-éducatif (IME). Cette situation critique pourrait conduire à une rupture totale de sa scolarité à la fin de l'année.
Une scolarité fragile et un avenir incertain
Gabriel est actuellement scolarisé à Esnandes, une commune voisine, où il bénéficie depuis quatre ans d'un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). « À l'époque je travaillais à Marsilly. Mes grands-parents habitent Esnandes. Ce qui était plus facile pour prendre en charge mon fils », explique Marine Poingt. Cependant, cette organisation précaire a contraint la mère à cesser son activité professionnelle pour s'occuper de son enfant, qui n'est scolarisé que du mardi au vendredi, de 8h30 à 10h30.
Cette année, Gabriel a obtenu une dérogation pour une seconde année en grande section de maternelle, mais l'horizon reste sombre. « À la fin de cette année scolaire Gabriel ne sera pas repris. Il sera en rupture. Il est en attente pour une place en structure adaptée », alerte sa mère. Une demande officielle a été déposée auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) le 25 mars 2024, sans garantie de solution.
Le manque criant de places en structures adaptées
Trois IME pourraient potentiellement accueillir Gabriel, mais les places sont extrêmement rares et les délais d'attente très longs. Marine Poingt a déjà essuyé un refus de l'IME d'Aytré et visité celui de Port-Neuf à La Rochelle, où aucune place n'est disponible. L'IME de l'île d'Oléron est quant à lui jugé trop éloigné géographiquement.
Dans ses démarches, la jeune femme a été accompagnée par le service social de l'hôpital psychiatrique Marius-Lacroix. « J'ai été extrêmement bien prise en charge. C'est horrible à dire, mais pour les IME, les structures sont obligées de faire du tri. Gabriel ne rentre pas dans les cases », témoigne-t-elle. Bernard Charron, ancien président de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées à la MDPH, confirme cette réalité : « C'est la loi de la jungle. Les places sont au compte-gouttes. Et c'est encore plus difficile pour les autistes adultes ».
Un appel à l'aide jusqu'aux plus hautes sphères
Face à cette impasse administrative et au manque de solutions concrètes, Marine Poingt refuse de baisser les bras. Elle envisage désormais de saisir Brigitte Macron, ancienne enseignante, pour porter son combat à l'échelle nationale. « Je vais écrire à Brigitte Macron qui a été enseignante », annonce-t-elle, espérant ainsi sensibiliser les décideurs politiques à la détresse des familles confrontées au manque de structures d'accueil pour les enfants en situation de handicap.
Cette situation met en lumière les difficultés systémiques rencontrées par de nombreuses familles dans l'accès à l'éducation inclusive, particulièrement pour les enfants atteints d'autisme sévère. Le combat de Marine Poingt illustre les lacunes persistantes du système d'accompagnement et la nécessité urgente de renforcer les capacités d'accueil des IME.



