La médiathèque Emile-Zola de Montpellier fermée suite au mouvement de grève des agents
Ce mercredi, la médiathèque centrale Emile-Zola de Montpellier est restée fermée au public. Une majorité des agents de cet équipement culturel métropolitain ont en effet participé à un mouvement de grève pour alerter sur la dégradation alarmante de leurs conditions de travail. Le personnel, soutenu par le syndicat Sud, réclame des solutions concrètes et immédiates face à deux problèmes majeurs : l'insécurité persistante et la situation critique de sous-effectif.
Une insécurité qui ne cesse de croître autour de l'établissement
Selon les représentants syndicaux, entre 60 et 70% des agents ont débrayé, entraînant la fermeture de la médiathèque pour l'après-midi. Le premier motif de mécontentement concerne l'insécurité grandissante qui règne aux abords de l'établissement, particulièrement lors des sorties du personnel. Les agents se retrouvent régulièrement confrontés à des individus dont ils ont dû refuser l'entrée pour des problèmes de possession d'alcool ou d'armes blanches.
"Il y a quelques mois, nous avons obtenu un vigile supplémentaire, mais cela n'a pas réglé le problème", souligne Salmia Beladam, cosecrétaire de Sud pour la Métropole. Malgré des alertes répétées, les mesures de sécurité restent insuffisantes. Si l'arrivée prochaine d'un médiateur social a été annoncée, les agents en réclamaient trois. Ils demandent également l'installation d'appareils portatifs de détection des métaux pour mieux contrôler les entrées.
Un sous-effectif chronique qui impacte le service public
À ces difficultés sécuritaires s'ajoute un problème structurel de sous-effectif. Gilles Castres, cosecrétaire de Sud, explique : "Nous avons enregistré cinq ou six départs depuis trois ans, ainsi qu'une augmentation des temps partiels thérapeutiques. Par exemple, au service culture scientifique, nous devrions être huit, mais nous ne sommes que quatre. Certains collègues se retrouvent à remplir des missions sociales alors qu'ils sont spécialisés en littérature."
Cette situation de pénurie de personnel conduit inévitablement à une dégradation significative du service offert aux usagers. Les responsables syndicaux affirment que cette dégradation est "observée par 98% des lecteurs", une appréciation confirmée par certains usagers présents devant le piquet de grève ce mercredi après-midi.
Un samedi d'incivilités comme élément déclencheur
Le mouvement de grève trouve son origine dans un samedi particulièrement difficile, marqué par de nombreuses incivilités de la part de certains usagers. Cet épisode a constitué l'élément déclencheur qui a poussé les agents à passer à l'action collective pour faire entendre leurs revendications.
La réponse de la Métropole de Montpellier
Face à cette mobilisation, une délégation conduite par Joël Raymond, vice-président chargé des ressources humaines, s'est rendue sur place. La Métropole a fait savoir qu'elle "étudie la faisabilité de plusieurs des revendications" et promet une "rigueur accrue concernant l'application des règles d'usage" au sein de l'établissement.
La médiathèque Emile-Zola, qui emploie actuellement 115 personnes, représente un équipement culturel majeur pour l'agglomération montpelliéraine. Les agents attendent désormais des engagements fermes pour améliorer durablement leurs conditions de travail et la qualité du service rendu aux 70 000 usagers annuels de cette institution.



