Latifa Ibn Ziaten délivre un message de paix aux jeunes de Millau
Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten assassiné par Mohamed Merah en 2012, s'est rendue à Millau ce mardi 17 février pour transmettre un message de paix et de tolérance aux élèves du collège et du lycée. Devant une assistance attentive, elle a partagé son combat personnel et associatif contre la haine et la radicalisation.
Un combat né de la tragédie
Depuis les attentats de Toulouse et Montauban en 2012, où son fils Imad a été la première victime, Latifa Ibn Ziaten consacre sa vie à promouvoir la paix à travers l'association Imad, fondée en mémoire de son enfant. Son intervention à Millau s'inscrit dans cette démarche éducative essentielle, incluant la projection du documentaire Latifa, une femme dans la République.
Échanges profonds avec les élèves
Les questions préparées par les collégiens et lycéens ont permis des discussions riches et émouvantes. Interrogée sur le pardon envers Mohamed Merah, Latifa Ibn Ziaten a répondu avec nuance : "On ne peut pas pardonner quelqu'un qui tue. Je pardonne ce qu'il était : malheureux, abandonné par ses parents. C'était un jeune homme en détresse."
Elle a également évoqué le procès, décrivant une expérience "très violente et dure", tout en exprimant sa satisfaction face à la justice rendue. Malgré la douleur toujours présente – "la blessure est toujours ouverte" – elle refuse de s'apitoyer et trouve du réconfort en aidant les jeunes.
Trois conférences par semaine pour semer l'amour
Avec trois interventions hebdomadaires en moyenne, Latifa Ibn Ziaten insiste sur l'importance fondamentale de l'amour familial : "Aimez vos parents. On ne naît pas terroriste, on le devient par manque d'amour et d'accompagnement." Elle souligne que l'échec scolaire et l'exclusion sociale peuvent conduire à la délinquance et à la radicalisation.
Actions concrètes sur le terrain
Au-delà des conférences, l'association Imad agit concrètement :
- Une maison d'accueil en région parisienne pour les jeunes en difficulté
- Un accompagnement par des psychologues, avocats et assistantes sociales
- Des actions annuelles pour entretenir le devoir de mémoire
Ces initiatives reposent sur des piliers immuables : mixité, amour et tolérance. Pour Latifa Ibn Ziaten, travailler avec la jeunesse, "pleine d'espoir", donne un sens profond à son combat et l'aide à surmonter sa propre douleur.



