Un don anonyme de registres éclaire l'histoire du camp de Bias pour les rapatriés d'Algérie
Don anonyme de registres pour le camp de Bias : une mémoire retrouvée

Un don anonyme révèle des archives inédites sur le camp de Bias

Les Archives départementales de Lot-et-Garonne viennent de recevoir un don anonyme de deux registres historiques, couvrant la période de 1962 à 1969, qui documentent les arrivées et départs des familles de rapatriés d'Algérie au camp de Bias. Ce site, souvent décrit comme un site de transit, a accueilli des milliers de personnes après la fin de la guerre d'Algérie en 1962, mais leur accueil fut loin d'être chaleureux. Ces registres, remis via l'association Mémoire harkis du camp de Bias, comblent une lacune majeure dans les archives contemporaines du département.

Des pièces manquantes d'un grand intérêt historique

Stéphane Capot, directeur des Archives départementales, souligne l'importance de cette acquisition : Nous avons l'équivalent pour le Cafi, qui abritait des Indochinois, mais rien sur Bias. Les registres contiennent des informations détaillées sur les familles, incluant noms, prénoms, dates de naissance, lieux d'origine, et même les bâtiments où elles étaient affectées. Ils permettent ainsi de reconstituer avec précision les mouvements de population au sein du camp, offrant une photographie vivante de cette période troublée.

Une découverte fortuite dans une boîte aux lettres

Michel Mekalfi, président de l'association Mémoire harkis du camp de Bias, explique comment ces documents ont été retrouvés : J'ai trouvé ces registres dans ma boîte à lettres, un don anonyme. L'association, dont la vocation est de favoriser la recherche historique et d'aider les familles dans leurs démarches de reconnaissance, a immédiatement saisi l'opportunité de les confier aux Archives départementales. Pascal de Toffoli, responsable du fonds contemporain, confirme que ces registres sont un document majeur, complétant les archives existantes comme les dossiers familiaux et médicaux collectés précédemment.

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Le sort difficile des résidents et l'utilité pratique des registres

Les registres révèlent aussi des aspects sombres de la vie dans le camp, comme la catégorie bras cassés, terme péjoratif désignant les personnes jugées inemployables. Michel Mekalfi dénonce cette dénomination insultante, notant que ces individus étaient pourtant affectés à des tâches telles que portier, gestion des poubelles, ou entretien. Le régime strict du camp, avec lever du drapeau, censure du courrier, et privation de liberté, est également mis en lumière. Pour les familles engagées dans des démarches de reconnaissance, ces documents fournissent des preuves administratives cruciales, comme le confirme Saïd Deghamena, trésorier de l'association, qui a lui-même manqué de telles pièces par le passé.

Un progrès pour la mémoire collective et les recherches futures

Stéphane Capot insiste sur l'intérêt de conserver ces registres dans un service public : Cela va nous permettre de croiser nos sources et d'affiner l'histoire de ce site. Déjà numérisés, ils faciliteront les recherches historiques et les démarches des familles. L'association Mémoire harkis du camp de Bias organise une conférence le 14 février, intitulée le camp de Bias devant la justice, accompagnée d'une exposition prêtée par les Archives départementales, renforçant ainsi la transmission de cette mémoire.

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