La communauté portugaise de Frontignan : une présence historique et festive
À Frontignan, comme au Portugal, la communauté portugaise constitue une véritable famille. Cette population, dont les racines remontent aux années 1960, prépare actuellement la célébration de l'anniversaire de la Révolution des Œillets, prévue le samedi 25 avril. Derrière cette fête annuelle, se cachent des hommes et des femmes qui ont choisi de faire de cette ville française leur terre d'accueil.
Une arrivée marquée par la solidarité
L'histoire des Portugais à Frontignan débute dans les années 1960, lorsqu'une dizaine de familles originaires de Ponte de Lima, au nord du Portugal, traversent l'Espagne franquiste et la France, souvent à pied ou en train, pour s'installer ici. "On ne sait pas pourquoi ils ont choisi Frontignan. On sait juste qu'ils fuyaient la misère pour trouver du travail et une vie meilleure", explique Isabel Vilaverde Alves Fuiza, ancienne présidente de l'Association portugaise culturelle de Frontignan. Une deuxième vague d'arrivants, provenant de la même région, suit dans les années 1980, accueillie par ceux qui avaient ouvert la voie.
Ces nouveaux venus trouvent rapidement des emplois dans des secteurs comme le bâtiment, la menuiserie et la viticulture. La solidarité au sein de la communauté s'organise immédiatement pour faciliter leur installation, les démarches administratives et la recherche d'emploi. Aujourd'hui, la communauté compte un peu plus de 500 personnes, incluant les primo-arrivants et leurs descendants, bien que ce chiffre soit difficile à établir avec précision en raison des naturalisations et de l'acquisition de la nationalité française par les générations suivantes.
Des traditions vivantes et partagées
La communauté portugaise de Frontignan saisit chaque occasion pour se réunir et festoyer, que ce soit pour l'anniversaire de la Révolution des Œillets, la fête de la châtaigne en novembre ou celle de la sardine en juin. "Les autres communautés, notamment espagnole et italienne, nous demandent toujours comment on fait pour que nos enfants nous suivent dans toutes ces fêtes. C'est parce que nous sommes très attachés à la famille", analyse Isabel Vilaverde Alves Fuiza. Cette cohésion est renforcée par le fait que la quasi-totalité des membres provient de la région de Ponte de Lima, permettant de recréer une famille élargie.
Bien intégrés, les Portugais ont marqué Frontignan de leur empreinte, non seulement en perpétuant leurs traditions, mais aussi en les partageant avec tous les habitants. "Tous les Frontignanais connaissent au moins un Portugais, qui a travaillé chez eux ou a construit leur maison", souligne Maria José Alves, actuelle présidente de l'association. Cette intégration se manifeste également par la diversité des professions exercées : certains ont créé leur entreprise, d'autres sont devenus banquiers, médecins, avocats ou commerçants.
Entre racines portugaises et vie française
Pour les membres de cette communauté, la France est désormais leur pays d'adoption, mais l'attachement au Portugal reste profond. "Le Portugal, ce sont nos racines et l'histoire de nos familles. Nous avons quasiment tous une maison là-bas et nous y retournons régulièrement", confie Isabel Vilaverde Alves Fuiza. Cependant, ni elle ni Maria José Alves n'ont demandé la nationalité française, estimant que l'appartenance à l'Union européenne rend cette étape inutile.
La transmission des traditions aux enfants et petits-enfants demeure une priorité, tout comme le souhait de partager ces moments avec l'ensemble de la population frontignanaise. "Ce qui nous réjouit aujourd'hui, c'est que de plus en plus de Frontignanais viennent se joindre à nos fêtes. Or, c'est exactement ce que nous souhaitons : partager avec tout le monde", conclut Isabel Vilaverde Alves Fuiza.
La célébration du 25 avril, organisée par l'Association portugaise culturelle de Frontignan fondée en 2005, aura lieu à la salle de l'Aire, avec un repas aux saveurs du Portugal animé par le groupe musical Hugo de Andrade. Les tarifs sont fixés à 22 euros pour les adhérents, 25 euros pour les non-adhérents et 10 euros pour les moins de 13 ans, sur réservation obligatoire.



