Les associations de Haute-Gironde sonnent l'alarme face aux menaces sur leurs financements
Dans un contexte économique difficile où les collectivités locales et les entreprises doivent faire face à des contraintes financières croissantes, les associations de Haute-Gironde expriment une inquiétude grandissante concernant la pérennité de leurs aides. Subventions, dons, mécénat : tous ces soutiens financiers essentiels à leur fonctionnement semblent menacés, poussant les responsables associatifs à prendre la parole publiquement.
Une lettre ouverte aux candidats municipaux pour rappeler l'importance du tissu associatif
Face à cette situation préoccupante, plusieurs associations emblématiques de la Haute-Gironde ont décidé de passer à l'action. Musica per Tutti à Saint-Laurent-d'Arce, Dasssoute Fraternité à Teuillac, Afoulki à Blaye et Saint-André-de-Cubzac Badminton ont conjointement rédigé une lettre ouverte adressée à tous les candidats aux élections municipales. Cette initiative vise à rappeler, s'il en était encore besoin, l'importance cruciale du tissu associatif local et à interroger les futurs élus sur leurs intentions en matière de soutien financier.
Cette démarche intervient alors que la Haute-Gironde compte plus de 750 associations, véritables piliers de la vie sociale et culturelle du territoire. Les responsables associatifs soulignent que ces structures rassemblent des personnes au-delà des clivages politiques, comme le rappelle Alain Pons de Fraternité Dassoute : « Dans chaque structure, il y a des personnes qui se rassemblent sans tenir compte des idées politiques de chacun ».
Des refus d'aides qui se multiplient dans un contexte inflationniste
L'inquiétude est particulièrement palpable chez certains responsables. Christian Cursol, responsable d'Afoulki, témoigne d'une situation alarmante : « Il y a le feu à tous les étages pour les associations, certaines parmi les plus grosses ne reçoivent plus d'aides du gouvernement. De notre côté, nous venons de recevoir un refus d'une aide régionale pour un séjour caritatif au Maroc. Les plus petites vivent avec les dons de particuliers ou d'entreprises, impactés par l'inflation et donc moins généreux. »
Cette multiplication des refus d'aides et la diminution des dons privés dans un contexte inflationniste créent une double pression sur les associations, qui doivent faire face à des besoins croissants tout en voyant leurs ressources diminuer.
Une alerte pour l'avenir du secteur associatif
Les responsables associatifs tiennent à préciser qu'ils ne font aucun reproche aux élus actuels, dont ils reconnaissent le soutien. Leur démarche vise plutôt à alerter sur l'avenir du secteur associatif. « Il était important de faire cette démarche pour que tout le monde se rende compte du problème, les élus, les citoyens, mais également les instances du Département et de la Région, ainsi que les financeurs privés », expliquent-ils.
La lettre ouverte est accessible au public sur la page Facebook Sosassos ainsi que sur celles des quatre associations à l'origine de l'initiative. Cette transparence vise à sensibiliser l'ensemble des acteurs locaux aux défis financiers auxquels sont confrontées les associations, alors même que les collectivités locales reconnaissent régulièrement leur importance dans leurs interventions publiques.
Cette initiative intervient à un moment crucial du calendrier politique local, alors que les candidats aux élections municipales préparent leurs programmes. Les associations espèrent ainsi que la question du financement du tissu associatif trouvera une place centrale dans les débats électoraux à venir, garantissant ainsi la pérennité de ces structures essentielles à la vie sociale et culturelle de la Haute-Gironde.



