Ce lundi matin, une entreprise d’entretien du patrimoine arboré a procédé à l’abattage de cinq tilleuls et d’un ailante place Jules-Moch, à Sète, dans le cadre des travaux préparatoires du futur chantier de la salle Georges-Brassens. Cette opération a suscité une vive réaction de l’association Bancs Publics, qui dénonce un « massacre à la tronçonneuse ».
Un « mal nécessaire » selon la Ville
L’adjoint municipal au pôle environnement, Cédric Licciardi, assume ce choix en le qualifiant de « mal nécessaire ». Il rappelle que la majorité municipale avait annoncé ce projet lors de son élection : « Nous avons toujours indiqué que ces arbres allaient être enlevés. Pour autant, on est très vigilants sur la problématique de la végétalisation. Quand il y a un arrachage, c’est qu’on n’a aucune autre solution que celle d’abattre. »
Les arbres abattus présentaient, selon l’élu, une déficience racinaire détectée lors d’une expertise menée après la chute d’un platane sur l’avenue Victor-Hugo en novembre 2025. « Ces arbres présentaient une déficience racinaire, c’est-à-dire un risque imminent de déracinement, et donc de chute, précise Cédric Licciardi. Ils auraient dû être enlevés quoi qu’il arrive, en raison d’une précocité de vieillissement. Cela fait toujours mal au cœur… »
La colère de Bancs Publics
De son côté, l’association Bancs Publics a envoyé une petite délégation de militants sur place pour filmer et dénoncer l’opération. Dans un message publié sur sa page Facebook, elle fustige : « Vingt ou trente ans pour que ça pousse, une heure pour les abattre. C’est comme partout, l’A69, l’A412, la place Briand, maintenant la place Jules-Moch, les cyprès du cimetière Le Py… »
L’association estime que la politique menée par la nouvelle majorité « est en train de faire voler en éclat le dernier espace vert qu’on aurait pu avoir en centre-ville, pour y construire un cube de béton qui aurait pu avoir sa place ailleurs. Le dernier carré vert saute devant nos yeux. C’est une honte. »
Des compensations végétales prévues
La surface de 1 100 m² sur laquelle prendra place le futur bâtiment laissait peu de place aux tilleuls. Toutefois, la Ville précise que les deux platanes accolés à la médiathèque seront conservés. Le parvis de la salle Brassens accueillera une « double allée d’arbres à hautes tiges », et des massifs ornementaux seront plantés autour du bâtiment, dont le toit sera végétalisé. « On s’attache à planter des arbres pour avoir des îlots de fraîcheur », justifie l’adjoint.
Les espaces verts de la rue Barbusse ont également été retirés pour être rempotés puis replantés, mais le calendrier de cette opération « joue les prolongations ». Fin 2025, la Ville annonçait un début de chantier pour début 2026, avec une réalisation prévue « au premier trimestre 2027 ». Les délais risquent d’être difficiles à tenir.