Sète 2026 : le quartier Kursaal en chantier, quelles attentes pour le prochain mandat ?
Sète 2026 : attentes des habitants du quartier Kursaal en chantier

Sète 2026 : le quartier Kursaal en chantier, quelles attentes pour le prochain mandat ?

À l'approche des élections municipales de 2026, Midi Libre donne la parole aux quartiers sétois. Ce vendredi 26 février, focus sur le quartier du Kursaal, à l'entrée Est de Sète, un secteur en pleine mutation qui interroge les habitants sur son avenir.

Un quartier en transformation profonde

Depuis le XIXe siècle jusqu'aux années 40, l'entrée Est de Sète se confondait avec la plage et le Kursaal, premier édifice dédié à la villégiature de la ville, démoli en 1942. Le port de commerce a ensuite grignoté le sable, laissant place à des industries portuaires puis à une friche industrielle.

À partir de 2018, le secteur est promis à devenir une Zone d'Aménagement Concertée (ZAC) Est rive Sud, sur 18 hectares, à vocation mixte résidentielle et économique. Un véritable extension de l'Île singulière, avec un investissement de 68 millions d'euros pour la ville, dont 27 millions pour le rachat du foncier.

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"Le développement économique a fait venir 5 000 personnes qu'il faut maintenant loger", expliquait François Commeinhes lors d'une visite de chantier en 2024. "C'est un moyen de redonner une qualité urbaine à l'entrée de ville, de favoriser les déplacements doux et aussi de répondre aux besoins des entreprises qui créent de l'emploi."

Un projet ambitieux mais contesté

Le projet, voté en 2020 et confié à la SA Elit, dont François Commeinhes est président, prévoit sur 20 ans :

  • 1 800 logements chauffés à la thalassothermie
  • 25% de logements sociaux, 27% pour primo-accédants, 42% en libre accession
  • Prix du mètre carré à 4 700€ (3 300€ avec aides)
  • 1 000 arbres plantés
  • Une promenade de 14 mètres de large sur 800 mètres
  • Un parking de 380 places
  • Commerces de proximité, bureaux, activités tertiaires
  • Création potentielle de mille emplois

Pour ses opposants, le projet est devenu "le symbole de la bétonisation", avec notamment une tour "Signal" initialement prévue à 49 mètres, finalement réduite à neuf étages.

État des lieux du chantier

Depuis 2022 et le démarrage des travaux, six immeubles sont sortis de terre : Première ligne, Bellevue Saint-Clair, Aquarelia, Moda, Clos Kennedy et le Vasco. S'y ajoutent les locaux du nouvel hôtel de police municipale et le parking de 380 places.

D'ici fin 2026, 800 logements devraient être implantés, accueillant plus de 1 600 habitants. Les anciens commerces et entrepôts le long de l'avenue Martelli ont fait l'objet d'expropriations, dont le restaurant Comme à la maison.

Les attentes des habitants

À la veille des élections municipales, les habitants expriment des attentes fortes pour ce quartier dont l'avenir reste flou :

Françoise, venue de Toulouse il y a deux ans : "Ce qui me manque c'est une agora, une place, un lieu d'échange. Les transports en commun ne sont pas assez fréquents. On a besoin de services, de commerces de proximité, de blocs poubelle aussi, souvent pleins."

Danielle, retraitée : "Il faut ralentir les constructions. Qu'il y ait plus de commerces de proximité. Il faudrait un lieu de convivialité. Il n'y a pas de bancs pour se rencontrer, pas d'endroit pour boire un verre."

Hernani, propriétaire venu de Montpellier : "On aimerait pouvoir rencontrer quelqu'un qui représente le projet de ZAC pour rassurer sur l'avenir du quartier. Il faudrait plus de poumons verts, une chicane pour baisser la vitesse, une boulangerie, un café pour la convivialité."

Marie-Hélène : "Il faudrait végétaliser au maximum. Avec la nouvelle entrée du port il y aura une route sous nos fenêtres. Ce serait bien qu'il y ait un mur végétalisé pour limiter le bruit."

Justine, locataire HLM : "Ce serait bien s'il y avait un jardin partagé, un marché le week-end et des petits commerces. Il ne faut pas qu'il y ait trop de béton. Il manque une salle des fêtes du quartier."

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Anaïs, artisan céramiste : "Il n'y a pas de bancs, pas de poubelles de ville. La nuit c'est dangereux. Il faut que ce quartier ait une âme, sinon il deviendra fantôme. Il faut une clarification sur son évolution."

Défis et perspectives

La thalassothermie n'a pas encore été lancée, le mail végétalisé le long de l'avenue Martelli n'a pas vu le jour, et les services, bureaux et cafés manquent cruellement. La phase 2 des constructions semble marquer le pas.

Hervé Marquès, le maire sortant, a annoncé vouloir "réviser l'ensemble architectural" dans le cadre du PLU, évoquant une conjoncture économique difficile pour les promoteurs. Au prochain maire de dessiner le visage définitif de ce quartier stratégique.

Entre promesses de développement urbain et réalités du quotidien, le quartier du Kursaal cristallise les enjeux des prochaines élections municipales à Sète, où l'équilibre entre construction, végétalisation et qualité de vie sera au cœur des débats.