Le rond-point du Sablar à Mont-de-Marsan : un épineux problème de circulation
La suppression des feux tricolores et l'instauration de la priorité à droite au rond-point du Sablar, mises en œuvre sous le mandat du maire sortant Charles Dayot, continuent de susciter des tensions vives dans la ville préfecture des Landes. Fréquemment comparé au célèbre rond-point de l'Étoile à Paris pour sa complexité, ce carrefour génère quotidiennement son lot de conflits entre automobilistes, particulièrement aux heures de pointe du matin et du soir.
Une situation « à parfaire » selon le maire sortant
Charles Dayot reconnaît volontiers que la situation actuelle est « à parfaire ». « Nous avions hérité d'une situation dégradée. Aux heures de pointe, cette entrée de la ville était proche de la saturation », explique-t-il en rappelant le contexte qui a précédé les aménagements de 2019-2020. Le candidat à sa propre succession envisage désormais de « fluidifier, sécuriser et embellir » la place Jean-Jaurès qui accueille ce rond-point controversé.
Son projet inclut plusieurs pistes d'amélioration :
- Recentrer l'anneau de circulation pour réduire sa largeur excessive
- Diminuer les zones de conflit entre voitures, vélos et espaces de stationnement
- Végétaliser l'espace et y installer une œuvre d'art pour redonner du lustre à cette place centrale
Les propositions divergentes des autres candidats
Les trois autres candidats en lice pour le second tour des élections municipales proposent des solutions variées, parfois radicalement opposées, pour résoudre ce casse-tête circulatoire.
Geneviève Darrieussecq, la députée centriste, plaide pour une meilleure signalisation : « La signalétique n'est pas bonne. Elle n'est pas suffisante ». Elle suggère notamment un meilleur balisage pour sécuriser les cyclistes et une réflexion collective sur les sens de circulation.
Frédéric Dutin, le candidat socialiste arrivé en tête au premier tour, envisage quant à lui des changements plus structurels :
- Affecter l'avenue du 34e RI à un seul sens de circulation pour la montée
- Réserver l'avenue du président Kennedy exclusivement à la redescente
- Abandonner complètement le principe de priorité à droite qu'il juge incompréhensible pour les nouveaux arrivants
« Les personnes qui débarquent à Mont-de-Marsan n'y comprennent rien ! », s'exclame-t-il, proposant également de matérialiser des voies au sol et d'envisager à terme une voie dédiée aux mobilités douces.
La question épineuse de l'accidentologie
Si de nombreux usagers, particulièrement les cyclistes, expriment un fort sentiment d'insécurité lorsqu'ils traversent ce rond-point, les statistiques officielles présentent une réalité plus nuancée. La police nationale affirme que « le rond-point du Sablar n'est pas un point accidentogène de la circonscription » en ce qui concerne les accidents corporels et mortels, tout en précisant que ces chiffres n'intègrent pas les accidents matériels.
Nicolas Lerègle, le candidat du Rassemblement National, n'exclut pas un retour des feux tricolores, mais avec une configuration particulière : « Le feu doit être placé en décalage du rond-point, à 10-15 mètres en amont, pas de façon limitrophe ». Cette disposition viserait à éviter les accidents susceptibles de survenir lorsqu'un automobiliste grille un feu rouge. Le candidat regrette cependant le manque de données objectives pour étayer ses propositions.
Un débat qui dépasse la simple question du trafic
Au-delà des aspects purement techniques de fluidification du trafic, les candidats s'accordent sur la nécessité de repenser globalement la place Jean-Jaurès. La végétalisation, l'embellissement par des œuvres d'art, la remise en activité de la fontaine historique, et plus largement la redynamisation du centre-ville font partie des préoccupations partagées.
Ce débat sur le rond-point du Sablar cristallise ainsi les enjeux plus larges de l'aménagement urbain à Mont-de-Marsan, mêlant questions de sécurité routière, de qualité de vie, d'attractivité du centre-ville et de cohabitation entre différents modes de déplacement. La solution qui émergera des urnes devra concilier ces multiples dimensions pour apaiser durablement les tensions autour de ce carrefour devenu emblématique des défis de circulation dans la ville landaise.



