Le parking Vilaine de Rennes disparaît pour laisser place au fleuve
Le centre-ville de Rennes est le théâtre d'un spectacle quotidien captivant. Derrière des barrières de sécurité, de nombreux curieux assistent, fascinés, à la démolition progressive du parking Vilaine, un ouvrage emblématique construit dans les années 1960. « C'est impressionnant quand même la puissance de l'engin », confie un retraité à son épouse, observant la scène.
Une démolition méthodique et impressionnante
Installée sur un ponton flottant, une pelle de démolition de grande envergure grignote la dalle de béton avec une précision remarquable. Sa grosse pince s'attaque avec voracité aux tonnes de béton et d'acier, réduisant peu à peu la structure en débris. « On avance à un rythme de cinq mètres par jour, parfois un peu plus », précise un responsable de l'entreprise Charrier, en charge des opérations de déconstruction.
Malgré un arrêt d'un mois en janvier et février dû à des inondations, le chantier a atteint son milieu. Plus de la moitié des 270 mètres de dalle ont été éliminés, permettant au fleuve Vilaine de réapparaître progressivement de la place de Bretagne jusqu'à la rue Lanjuinais. « La déconstruction devrait s'achever fin avril ou début mai, avec seulement deux ou trois semaines de retard sur le planning initial », indique Jean-François Papin, conducteur d'opération de Rennes métropole.
Un projet urbain ambitieux pour l'avenir
Cependant, les travaux sont loin d'être terminés dans le cœur de la capitale bretonne. Avant que les habitants puissent profiter des berges du Vilaine, longtemps cachées sous le béton, plusieurs étapes cruciales doivent être réalisées :
- Réhabiliter et étanchéifier la vieille dalle République, vieille de plus d'un siècle.
- Aménager des équipements tels que des pontons, des gradins et une passerelle surplombant le fleuve.
- Végétaliser les quais et la place de la République pour créer des espaces verts.
Ces travaux d'envergure, qui incluent également la réhabilitation très attendue du palais du Commerce, devraient s'achever courant 2029-2030. « C'est un chantier majeur qui va rythmer notre première moitié de mandat », souligne Marc Hervé, reconduit récemment comme premier adjoint à la ville en charge de l'urbanisme.
S'adapter aux défis climatiques
Après des décennies à dissimuler son fleuve, Rennes entreprend de lui redonner toute sa place. « L'objectif est de renforcer l'attractivité de notre cœur de ville et de l'apaiser », explique Marc Hervé. Ce projet historique, budgété à 29 millions d'euros, répond également à un impératif environnemental : « adapter la ville aux changements climatiques ».
L'élu précise : « On sait que les périodes estivales seront de plus en plus chaudes, surtout dans le centre-ville qui est le quartier le plus minéral. Pour rafraîchir et prendre soin des populations, cela passe par la végétalisation et la reconnexion à l'eau. » Contrairement à Paris où la baignade dans la Seine est désormais possible, se baigner dans la Vilaine ne sera pas autorisé, mais la présence de l'eau et de la végétation contribuera significativement à rafraîchir l'environnement urbain.



