Cagnes-sur-Mer : l'ancien maire signe un permis de construire controversé après sa défaite
Permis signé après défaite électorale à Cagnes-sur-Mer

Un permis de construire signé dans l'urgence après une défaite électorale

À Cagnes-sur-Mer, l'ancien maire Louis Nègre a délivré un permis de construire pour 104 logements, dont 52 sociaux, seulement trois jours après sa défaite historique aux élections municipales du 14 mars 2026. Cette décision, intervenue le 17 mars alors qu'il assurait encore les affaires courantes, suscite une vive polémique dans la commune.

Un projet d'envergure dans le quartier des Vespins

Le projet porté par Promogim prévoit la construction d'un immeuble de cinq étages dans le quartier des Vespins, à l'est de la ville. Il doit remplacer le garage « SN carrosserie azuréenne », deux maisons et des serres situées à l'angle de la RN7 et de l'impasse Nègre. Particularité notable : la parcelle mise en vente appartient au cousin de l'ancien maire, ce qui ajoute une dimension sensible au dossier.

Le nouveau maire dénonce une pratique contestable

Bryan Masson, le nouveau maire Rassemblement national, hérite de cette décision qu'il qualifie de « pratique profondément contestable ». Il s'interroge publiquement : « Pourquoi avoir délivré un permis trois jours après sa défaite ? Dans l'urgence et sans transparence, juste après un désaveu électoral clair des Cagnois ? »

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Le premier édile souligne que « engager la ville sur un projet d'une telle ampleur, dans l'entre-deux tours électoral, sans débat, sans information des élus ni des habitants, constitue une pratique profondément contestable ». Son équipe a saisi le service juridique pour analyser la légalité de cette décision au regard de la notion d'« affaires courantes ».

Des élus peu informés du dossier

Plusieurs élus de l'ancienne mandature confient ne pas avoir été pleinement informés de ce projet :

  • Yvan Skottuba-Stepan, en charge de l'Urbanisme sous Louis Nègre, déclare ne pas avoir été « au cœur de l'affaire »
  • Noëlle Palazetti, anciennement déléguée au CCAS, en a seulement « entendu parler, sans plus »
  • Lionel Dolciani, ex-opposant devenu membre de la liste minoritaire, « n'a pas souvenir d'un tel dossier » malgré sa présence à la commission des permis

Des procédures administratives complexes

Le dépôt initial du permis remonte au 30 avril 2025, mais la procédure a traîné en raison de demandes de pièces complémentaires en octobre 2025 puis en février 2026. Le délai d'instruction courait jusqu'au 19 juillet 2026, ce qui rend d'autant plus surprenante la signature anticipée du 17 mars.

Lionel Dolciani défend l'ancien maire en expliquant que « Louis Nègre a dû se retrouver pris de court » et qu'il « a agi dans les règles ». Selon lui, l'absence de commission s'explique par le fait que le projet n'était pas complet tant que les pièces complémentaires n'étaient pas fournies.

Des réactions contrastées dans l'opposition

Si la méthode est critiquée, le fond du projet suscite des réactions plus nuancées :

  1. Cédric Garoyan (PCF) déplore « une façon de faire très limite » mais se réjouit de nouvelles habitations accessibles aux plus précaires
  2. Philippe Touzeau-Menonni (divers centre) regrette la forme mais souligne que le projet permettra de combler le retard sur la loi SRU

Rappelons que Cagnes-sur-Mer n'atteint pas les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU, ce qui a contraint la commune à payer 2,3 millions d'euros à l'État en 2025.

Un débat qui se poursuit

Le débat d'orientation budgétaire du 9 avril 2026 devrait permettre d'aborder plus en détail cette affaire. Le nouveau maire Bryan Masson a clairement indiqué que son équipe « contestera autant que possible » cette décision qu'elle juge immorale dans sa forme, même si le besoin de logements sociaux à Cagnes-sur-Mer est reconnu par tous.

Cette affaire illustre les tensions qui peuvent surgir lors des transitions de pouvoir municipal, particulièrement lorsqu'elles concernent des projets d'urbanisme structurants pour l'avenir d'une commune.

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