Orthez : le préfet opte pour une nouvelle consultation sur le demi-échangeur controversé
Plus d'un mois après l'avis défavorable du commissaire enquêteur concernant le projet de demi-échangeur à Orthez, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pris une décision importante. Jean-Marie Girier a réuni ce lundi 20 avril l'ensemble des acteurs impliqués dans ce dossier complexe, marquant le début d'une nouvelle phase de consultation avant toute décision définitive.
Un projet vieux de dix ans relancé par les élus locaux
Le dossier du demi-échangeur de la Virginie à Orthez a été relancé il y a exactement dix ans par l'ancien maire Yves Darrigrand. Avec le soutien actif du député David Habib, cet équipement routier ambitieux visait à libérer le cœur historique de la cité Fébus d'un trafic de poids lourds particulièrement dense. Le projet a été officiellement inscrit dans le plan d'investissement autoroutier de l'État en 2018, lui donnant une impulsion significative.
Trois années plus tard, en 2021, une concertation publique d'un mois a révélé que 58% des contributeurs soutenaient la réalisation de ce nouvel accès à l'A64, dont le coût était estimé à 9 millions d'euros. Cet appui apparent a semblé conforter les promoteurs du projet dans leur démarche.
Un contexte politique favorable mais un avis technique défavorable
Le 15 mars dernier, Benjamin Moutet a été élu maire d'Orthez dès le premier tour des élections municipales. Parmi ses engagements de campagne figurait en bonne place la volonté de voir aboutir rapidement le chantier du demi-échangeur. Cependant, neuf jours avant son élection, l'enquête publique menée du 5 janvier au 9 février s'est conclue par un avis défavorable du commissaire-enquêteur Yves Goret.
Dans son rapport, le commissaire-enquêteur a relevé plusieurs préoccupations récurrentes exprimées par les 42 contributeurs à l'enquête :
- Perte significative de surfaces agricoles
- Dévalorisation foncière des terrains concernés
- Difficultés d'exploitation pour les agriculteurs
- Inquiétudes concernant les indemnisations
- Proximité jugée problématique avec des habitations et activités sensibles
Une réunion préfectorale pour relancer le dialogue
Avant de prendre une décision finale concernant la signature d'une éventuelle déclaration d'utilité publique, le préfet Jean-Marie Girier a convoqué une réunion rassemblant tous les cofinanceurs du projet. Étaient ainsi présents des représentants de l'État, de la mairie d'Orthez, de la Communauté de communes de Lacq Orthez, du Département ainsi que de l'opérateur Vinci Autoroutes.
La préfecture a ensuite publié un communiqué précisant sa position : « Le préfet a souhaité qu'un travail soit mené dans les prochains mois, en dialogue avec les élus, les acteurs économiques, les riverains et les agriculteurs concernés ». Aucun calendrier précis n'a cependant été annoncé pour cette nouvelle phase de consultations.
Des réactions contrastées parmi les parties prenantes
Le maire d'Orthez, Benjamin Moutet, a qualifié cette décision préfectorale de « position de sagesse pour améliorer le projet ». Il a réaffirmé avec conviction la nécessité de cet équipement « pour sécuriser notre ville », une position qu'il dit partager avec le Département et la Communauté de communes de Lacq Orthez.
Parallèlement, une pétition initiée par l'Amicale des riverains d'Orthez sud (AROS) a déjà recueilli 149 signatures en faveur de la réalisation du demi-échangeur, démontrant l'existence d'un soutien local non négligeable.
Vers une consultation approfondie des protagonistes
Benjamin Moutet a annoncé son intention de jouer un rôle actif dans cette nouvelle phase de consultation. Le maire d'Orthez évoque l'organisation prochaine d'entretiens personnalisés avec les différents acteurs concernés, ainsi que la tenue d'une réunion publique qui pourrait être organisée d'ici la fin du mois de mai.
Cette approche plus inclusive vise à répondre aux préoccupations soulevées lors de l'enquête publique tout en préservant l'objectif initial du projet : désengorger le centre historique d'Orthez d'un trafic de poids lourds jugé problématique pour la sécurité et la qualité de vie des habitants.



