Nîmes : Les riverains en guerre contre un projet de parking silo
Une mobilisation citoyenne s'organise à Nîmes où le comité de quartier de la Placette et les résidents se préparent à une bataille judiciaire d'envergure. Leur cible : un projet de parking silo prévu rue Hôtel-Dieu, sur l'ancien emplacement du Vaisseau 3008.
Une réunion décisive dans une salle comble
Lundi soir, dans une salle de la rue Bec-de-Lièvre pleine à craquer, près de deux cents personnes se sont réunies en présence de l'avocat montpelliérain Philippe Audouin, spécialiste en droit public, immobilier et environnement. L'objectif était clair : coordonner l'action judiciaire contre ce projet porté par les promoteurs Tissot et GGL.
Les détails du permis de construire, présentés en préambule, ont suscité l'indignation : une emprise totale de 2 407 m², une hauteur de 18,60 mètres pour 330 places de stationnement, et même la possibilité d'organiser des événements festifs au dernier étage à certains moments de l'année, comme l'a précisé le promoteur lors d'une réunion en mairie.
Des riverains déterminés à préserver leur cadre de vie
Les réactions des habitants ont été sans appel. "C'est une catastrophe", "Ça ferait tellement beau un jardin là", "J'habite juste en face : je vais avoir des voitures pour horizon". Bernard Simon, président du comité de quartier, résume la position collective d'une phrase lapidaire : "Ce projet ne répond pas à une demande des habitants."
Les griefs sont multiples : un nombre de places jugé surdimensionné, l'accroissement substantiel de la circulation, et surtout l'absence de concertation préalable et d'étude d'impact. "L'objectif est de préserver le cadre de vie", explique maître Philippe Audouin, qui précise que le procès sera dirigé contre le permis de construire lui-même.
Une procédure urgente avec date butoir
L'urgence est réelle : le permis ayant été délivré le 29 janvier, la requête au tribunal administratif doit être déposée avant le 29 mars. "Il faut être dans les délais et avoir un intérêt à agir", insiste l'avocat.
En première ligne, le comité de quartier déposera la requête, probablement rejoint par le syndic de copropriété de l'immeuble voisin et des volontaires justifiant d'un intérêt à agir. Ces derniers, propriétaires ou locataires, devront produire des pièces comme des photos montrant le projet depuis leur domicile.
Stratégie judiciaire et questions financières
Un travail est déjà en cours pour identifier "des motifs qui peuvent bloquer des projets" dans les domaines de la sécurité, de l'accès et de l'insertion dans le site. À la question d'une résidente sur l'existence d'une "arme absolue", l'avocat répond prudemment : "Pour l'instant, ce ne sont que des pistes tant que l'on n'a pas le dossier."
Quant à l'éventuelle intervention de la nouvelle équipe municipale, Philippe Audouin précise : "Sur le principe, la mairie peut discuter mais à ses risques et périls. Ce serait une négociation entre la Ville et Tissot. C'est une question de volonté et une question financière."
Le coût de la procédure est estimé entre 2 000 et 10 000 euros. "Le comité prend en charge le financement", confirme Bernard Simon. "Nous allons ouvrir une cagnotte sur notre site internet car nos moyens ne sont pas énormes. Les personnes qui feront une requête individuelle, on les prendra dans le cadre du comité."
Des chances de succès incertaines mais réelles
Interrogé sur les chances de succès, Philippe Audouin conclut avec un large sourire : "En droit, il ne faut jamais dire jamais." Une réponse qui résume bien l'esprit combatif de cette mobilisation citoyenne déterminée à faire valoir ses droits face à un projet d'aménagement contesté.



