Trottinettes à Nice : cinq jours après l'obligation, casque et gilet jaune peinent à s'imposer
Nice : casque et gilet jaune sur trottinettes, peu respectés

Trottinettes à Nice : cinq jours après l'obligation, casque et gilet jaune peinent à s'imposer

Cinq jours après l'entrée en vigueur de l'obbligation du port du casque et du gilet jaune fluo pour les utilisateurs de trottinettes électriques dans les Alpes-Maritimes, les habitudes semblent résister au changement. Sur la promenade des Anglais à Nice, très fréquentée pour les fêtes de Pâques, le respect de ces mesures de sécurité apparaît aléatoire, avec un port du casque inconstant et celui du gilet jaune fluo restant exceptionnel. L'arrêté préfectoral du 2 avril a donc encore du chemin à parcourir pour s'imposer pleinement parmi les usagers.

Une application sporadique malgré les consignes

En ce lundi de Pâques, où une ambiance estivale règne sur Nice, la diversité des comportements est frappante. Sur une cinquantaine de trottinettes électriques observées en une heure, seule la moitié des usagers portent un casque, tandis que les tenues sombres dominent, souvent sans le moindre gilet jaune fluo. La préfecture des Alpes-Maritimes a pourtant clairement stipulé que tout utilisateur d'un engin de déplacement personnel motorisé doit porter un casque homologué et un gilet rétro-réfléchissant, de jour comme de nuit, dans le but avoué de sauver des vies.

Parmi les rares exceptions, Jean-Claude, un Strasbourgeois de 68 ans en vacances à Antibes, se conforme scrupuleusement. « Ils me l'ont refilé le premier jour, quand il y avait le sous-préfet », s'esclaffe-t-il, tout en admettant qu'il n'aurait pas su que le gilet était obligatoire sans cette information. Il ajoute, « ça fait une heure que je suis parti d'Antibes, je n'en ai pas vu d'autre », soulignant ainsi l'isolement de son respect des règles. Pour lui, ces mesures sont bénéfiques : « Le casque c'est pour soi-même, et le gilet c'est pour être vu. Certains vont plus vite que les motos ! »

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Manque d'information ou réticence des usagers

D'autres usagers, comme Mickaël, un Niçois de 35 ans, ont obtempéré après avoir été informés par des proches, mais sans enthousiasme. « C'est ma belle-mère qui l'a vu sur Nice-Matin », explique-t-il, tout en se réjouissant que les gants ne soient pas imposés en raison de la chaleur estivale. Cependant, pour beaucoup, l'ignorance semble être la principale explication. Nicolas, un coach sportif de 30 ans, plaide « Pas au courant », et exprime des réserves : « Le casque, je peux comprendre. Mais le gilet, je ne comprends pas trop le principe. Même en journée ? C'est un peu excessif. »

Ousmane, 49 ans, partage cette réticence. « Le gilet, c'est abusé. Je ne me vois pas le mettre tous les jours », déclare-t-il, tout en roulant sans protection mais avec une tenue claire. Il questionne la logique de la mesure : « Dans ce cas-là, pourquoi pas les motards aussi ? Parfois, il faut faire confiance aux gens. » Pourtant, cette confiance est mise à mal par les observations sur le terrain, où des comportements risqués persistent, comme des traversées au feu rouge ou des vitesses excessives.

Des préoccupations de sécurité persistantes

Les résidents locaux, comme Sabine Caldei et Sylvie Colin, deux sexagénaires niçoises, saluent ces mesures mais restent prudentes. Elles rappellent le drame du petit Yan, un réfugié ukrainien de 5 ans mortellement fauché par une trottinette en 2022 sur cette même promenade. « C'est très bien. Nous serons un peu plus sereines, mais nous resterons toujours sur nos gardes », affirme Sabine, ajoutant avec réalisme, « La majorité va y être sensible, et les abrutis feront toujours n'importe quoi ! »

Christian, un ancien policier circulant à vélo électrique, confirme ces inquiétudes en évoquant des infractions courantes. Durant le reportage, des exemples flagrants de non-respect ont été notés, comme une trottinettiste sans casque croisant un enfant à vélo à plus de 40 km/h sur un passage piéton, ou un couple circulant sans aucune protection. Le gilet jaune, bien que utile, ne suffira pas à résoudre tous les problèmes de sécurité, soulignant la nécessité d'une sensibilisation accrue et de contrôles renforcés.

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En cas de non-respect, après une phase pédagogique, les contrevenants s'exposent à une amende de 35 euros. Cette mesure vise à inciter au changement, mais son efficacité dépendra largement de la communication et de l'adhésion des usagers, qui pour l'instant, semblent encore hésitants ou mal informés.