La mobilité, enjeu central des municipales à Périgueux
En 2020, un sondage Ipsos commandé par « Sud Ouest » et France Bleu Périgord révélait déjà que la circulation et le stationnement constituaient la première préoccupation de 59 % des habitants de Périgueux. Six ans plus tard, cette thématique demeure au cœur des débats électoraux, puisque les cinq candidats aux élections municipales l'ont intégrée à leur programme. Tour d'horizon de leurs propositions, présentées selon l'ordre du tirage au sort effectué par la préfecture de la Dordogne.
Émeric Lavitola : des navettes électriques pour apaiser la ville
Le maire socialiste sortant, Émeric Lavitola, entend « déployer des navettes électriques à la demande » pour desservir le cœur de ville depuis les arrondissements vers le centre historique. « Pourquoi pas les rendre gratuites », suggère-t-il. Son approche vise une mobilité apaisée, sans opposer bus, vélos, piétons et voitures, mais en permettant à chacun de trouver sa place. Il souhaite également poursuivre le déploiement des chemins de traverse, augmenter le nombre de parkings vélos et agrandir les places de stationnement dans les parkings souterrains.
Jonathan Almosnino : la gratuité des transports en commun comme priorité
Jonathan Almosnino, candidat Lutte ouvrière, plaide pour « généraliser les transports en commun » et les rendre gratuits, estimant que ce serait « le minimum pour faciliter les déplacements ». Il dénonce une « organisation anarchique et aberrante » qui prive les habitants des quartiers populaires comme le Bas-Toulon, le Gour de l'Arche ou les Mondoux de bus les soirs et les dimanches. Selon lui, cette situation est d'autant plus problématique que les lieux de travail sont éloignés des logements abordables, obligeant les résidents à parcourir de longues distances pour accéder aux zones commerciales périphériques.
Vincent Belloteau : un grand plan vélo et des mesures innovantes
L'Insoumis Vincent Belloteau insiste sur la nécessité d'un « grand plan annuel de voirie » pour résoudre le problème des nids-de-poule, dangereux notamment pour les mobilités douces. Il propose la mise en œuvre rapide d'un « grand plan vélo » élaboré avec les associations du secteur, afin de donner la parole aux usagers. Parmi ses autres engagements figurent la gratuité des transports en commun, une prime pour les automobilistes pratiquant le covoiturage, et l'expérimentation d'horaires décalés dans les collèges et lycées.
Antoine Audi : remettre la ville « à l'endroit »
L'ancien maire de droite, Antoine Audi, a pour objectif de « remettre la ville à l'endroit ». Il estime qu'un maire doit « accepter lorsqu'il se trompe » et corriger les problèmes point par point. Ses propositions incluent le rétablissement d'une voie de circulation entre Monoprix et la place Bugeaud, ainsi que la réorganisation de la circulation devant la tour Mataguerre, qu'il juge actuellement « contre-intuitive ». Il porte également un « plan macadam dense » pour éradiquer les nids-de-poule et élargir les places de stationnement sur les parkings.
Michel Cadet : ne pas stigmatiser la voiture
Le conseiller municipal d'opposition Michel Cadet « ne veut pas stigmatiser la voiture », rappelant que « Périgueux reste une ville à la campagne ». Il propose de repenser le plan de circulation et d'engager des travaux de voirie, notamment sur des axes problématiques comme Lakanal ou une partie de la rue Talleyrand-Périgord. Son plan pluriannuel d'investissement prévoit 12 à 14 millions d'euros sur le mandat. Parmi ses idées : une navette électrique « fortement cadencée » depuis la gare vers le centre-ville, et la réouverture de la halte ferroviaire de Saint-Georges.
Ces propositions s'inscrivent dans le cadre de la série « Le choix des abonnés », initiée par « Sud Ouest » pour permettre à ses lecteurs de voter sur les sujets à aborder en priorité lors des élections municipales des 15 et 22 mars.



