Municipales 2026 à Sète : urbanisme et logement enflammés dans le débat des candidats
Municipales 2026 à Sète : urbanisme et logement en débat

Municipales 2026 à Sète : urbanisme et logement enflammés dans le débat des candidats

À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Midi Libre a lancé sa grande tournée des débats. Ce mercredi 18 février, la rédaction était à Sète pour un échange animé entre les cinq candidats à la mairie. Les thèmes de l'urbanisme et du logement ont particulièrement mobilisé les participants, révélant des visions contrastées pour l'avenir de la ville.

Le logement : une préoccupation majeure pour les candidats

La question du logement a suscité des propositions variées de la part des candidats présents à la salle Brassens. Laura Seguin a pointé du doigt une construction excessive au profit des promoteurs, annonçant une politique volontariste pour réguler les résidences secondaires et les meublés de tourisme. "Il faut remettre du logement à l'année", a-t-elle insisté, soulignant également le besoin de construire des logements sociaux, notamment des T4 et T5, et de lutter contre l'insalubrité dans le cœur de Sète grâce à des aides à la rénovation.

Sébastien Pacull a rejoint cette préoccupation, mettant l'accent sur les T3, T4 et T5. Il a proposé un système d'aides pour les propriétaires et un accès sécurisé pour les locataires précaires. "On doit construire pour ceux qui font vivre la ville, pas pour ceux qui la regardent depuis un balcon", a-t-il déclaré, critiquant une urbanisation qui ne répond pas aux besoins réels.

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Pascal Pintre a dénoncé l'impossibilité pour les jeunes Sétois de se loger, qualifiant la situation d'insupportable. Il a appelé à un rééquilibrage en priorisant les résidences principales et l'habitat permanent, avec une régulation du marché, des préemptions, des réhabilitations et des investissements massifs dans la rénovation du centre ancien.

De son côté, Hervé Marquès a défendu son bilan, rappelant les actions menées pour les logements abordables et l'accession à la propriété. Il a justifié sa position sur les meublés touristiques, essentiels selon lui pour l'économie locale, et a annoncé le lancement de la révision du Plan Local d'Urbanisme (PLU), un processus qui s'étalera sur quinze ans.

En clôture, Sébastien Denaja a relié la question du logement à celle des salaires, évoquant les 12 000 personnes en situation de pauvreté à Sète. Il a plaidé pour une régulation des meublés touristiques, une priorisation des résidences principales et une bourse d'échange entre locataires pour favoriser le turnover dans le logement social.

Urbanisme et esthétique : des visions divergentes

Les candidats se sont davantage écharpés sur les questions d'urbanisme et d'esthétique. Laura Seguin a critiqué une construction excessive ayant défiguré la ville, prônant une réhabilitation de l'existant et du cœur ancien, ainsi qu'un retour de la nature en ville dans un environnement urbain contraint.

Sébastien Pacull a pris l'exemple du quartier de la Joliette à Marseille pour défendre un développement intelligent, soulignant que la ville du quart d'heure ne fonctionne pas avec une colline et appelant à réinvestir le centre pour y faire vivre les citoyens.

Pascal Pintre s'est opposé à une ville de 60 000 habitants, militant pour l'équilibre d'une ville de taille moyenne. Il a pointé les dégradations de la qualité de vie dues à une urbanisation effrénée, citant l'entrée ouest, le boulevard de Verdun et une entrée Est rive mal commencée, ajoutant avec ironie : "Même à Saint-Jean-de-Cuculles ou Saint-Etienne-Estrechoux, on aménage mieux !"

Hervé Marquès a martelé que la gestion esthétique passe par le PLU, dont il a lancé la révision. Sébastien Denaja lui a rétorqué : "Il y a une différence entre lancer une révision du PLU et lancer le PLU ! Il faut tourner le dos à ces programmes laids qui ont défiguré la ville", reprenant la comparaison avec Saint-Jean-de-Cuculles ou Saint-Etienne-Estrechoux.

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La ZAC Est : un avenir incertain

La ZAC Est entrée Nord a fait l'objet d'une quasi-unanimité parmi les candidats, mais avec des approches différentes. Sébastien Denaja a opté pour un réaménagement complet de la zone, tandis que Hervé Marquès a tempéré les attentes, assurant qu'on n'est pas près de voir l'entrée Nord à 22 millions d'euros le terrain.

Sébastien Pacull a parlé d'un aménagement lointain, et Pascal Pintre a affirmé qu'il n'y avait pas d'autre choix que de reconsidérer le projet en profondeur. Laura Seguin a quant à elle souligné le caractère stratégique de ce quartier pour l'avenir de la ville. Malgré ces divergences, le sort de cette partie de la ZAC semble scellé vers une remise en question.

Ce débat a ainsi mis en lumière les enjeux cruciaux qui animeront la campagne municipale à Sète, avec des propositions qui reflètent des priorités variées pour le développement urbain et le bien-être des habitants.