Le futur poste électrique du vallon Sainte-Dévote à Monaco sera dissimulé par de la pierre naturelle et de la végétation. Lors du dernier conseil communal, les élus ont donné leur avis esthétique sur ce projet d'urbanisme, approuvé à l'unanimité. La SMEG remplace ses transformateurs vieillissants par des installations modernes, intégrées dans ce cadre naturel et rocheux.
Un projet de rénovation d'ampleur pour le poste source
Le poste source de Sainte-Dévote, mis en service au milieu des années 1980, est une infrastructure stratégique pour l'autonomie électrique de la Principauté. Il permet à Monaco de se raccorder directement au réseau français de transport d'électricité grâce à deux liaisons indépendantes capables de se secourir mutuellement. « À l'intérieur, on a trois transformateurs qui modifient du 63 000 volts en du 20 000 volts. On a un peu tendance à l'oublier mais, à l'époque, ça a été une vraie révolution pour Monaco », confie Pierfranck Pelacchi, directeur général adjoint de la Société monégasque de l'Électricité et du Gaz (SMEG).
La rénovation des équipements de ce poste historique est envisagée à l'horizon 2029, avec au préalable une consolidation de la paroi rocheuse. « Ce chantier s'accompagne du rapatriement sur le territoire monégasque du dernier appareil de commande encore implanté en France, ce qui nécessite la construction d'un bâtiment dédié. Fidèle à sa démarche d'intégration des infrastructures dans leur environnement, la SMEG veillera à ce que cette nouvelle construction demeure aussi discrète que possible et s'inscrive harmonieusement dans le paysage », assure Sylvain Didierjean, directeur des activités Électricité et Gaz à la SMEG.
Un parti architectural sobre et minéral
Le conseil communal de Monaco a eu, fin septembre, à se prononcer sur l'esthétique de ce projet. « Pour notre Conseil, l'enjeu esthétique est son insertion dans un vallon dont le relief rocheux et la végétation forment le cadre », avait introduit François Lallemand, adjoint au maire délégué aux services techniques communaux. Le cabinet d'architecture de Franck Bourgery, en charge du projet, a consulté le cabinet Grant Associates, missionné par le gouvernement princier pour son étude « Renaturer la Ville ». Cette étude prévoyait de restaurer le caractère naturel, spectaculaire et végétal du vallon Sainte-Dévote.
« Le parti architectural présenté est sobre et minéral. Les façades recevraient des parements en pierre naturelle disjointe, dans une recherche de continuité avec le contexte rocheux. Des treillis métalliques serviraient de supports aux plantes grimpantes, afin d'associer les surfaces minérales et végétales », note François Lallemand. Les toitures et terrasses seraient également plantées, avec un couvert végétal dense et arboré sur des épaisseurs de terre de 80 à 100 centimètres.
Des recommandations pour une intégration homogène
Les élus ont approuvé à l'unanimité la proposition architecturale, mais ont demandé que l'intention s'incarne « sur l'ensemble des faces visibles », afin d'éviter « une différence de qualité entre la façade principale et les vues latérales ». Ils ont également demandé une cohérence entre les éléments métalliques, les fermetures techniques, la pierre et la végétation. « La présentation d'échantillons de pierre et de teintes des éléments métalliques permettrait de préciser notre appréciation de l'aspect final », a conclu François Lallemand. Ces observations et recommandations ont été bien prises en compte par la SMEG.