Paris 2026 : Emmanuel Grégoire dévoile son plan sportif ambitieux pour la capitale
Grégoire : mixité, toits sportifs et dialogue avec le PSG au programme

Un programme sportif ambitieux pour Paris malgré les contraintes de campagne

Initialement prévue autour d'un café, l'interview avec Emmanuel Grégoire s'est finalement déroulée par téléphone, le candidat de la gauche unie aux élections municipales parisiennes étant rattrapé par les exigences d'une campagne électorale intense. Contrairement à certaines équipes sportives parisiennes dont la forme pourrait être questionnée, le candidat bénéficie d'une dynamique positive dans les sondages, ce qui lui permet d'aborder sereinement les derniers jours avant le scrutin décisif.

Optimisation des infrastructures : la solution verticale des toits parisiens

Emmanuel Grégoire dresse d'abord un constat sans appel concernant les équipements sportifs parisiens. « Paris reste une ville sous-dotée en infrastructures compte tenu de son histoire et de sa densité exceptionnelle », affirme-t-il. Face au déficit criant de terrains de grands jeux et à la demande croissante de créneaux horaires, le candidat propose une solution innovante : développer la pratique sportive en hauteur.

« L'idée consiste à superposer les installations pour augmenter les volumes disponibles », explique-t-il. Des stades de football, des terrains de padel ou de five pourraient ainsi être aménagés sur les toits des bâtiments parisiens, une pratique qui commence déjà à se développer dans la capitale. Cette approche verticale s'accompagnerait également de la création de zones dédiées aux sports collectifs dans les réserves foncières disponibles.

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Le candidat envisage également la transformation d'une partie des 6,2 millions de mètres carrés de bureaux inutilisés prévus d'ici fin 2025 en équipements sportifs de proximité, offrant ainsi de nouvelles opportunités de pratique aux Parisiens.

Sport féminin : vers une meilleure inclusion dans l'espace public

Si la pratique sportive féminine progresse régulièrement, Emmanuel Grégoire souligne que de nombreux freins persistent, particulièrement concernant l'occupation de l'espace public. La question de la sécurité apparaît comme primordiale, notamment pour les adeptes de running dont le nombre ne cesse d'augmenter.

« Nous devons développer un espace public plus sécurisé pour les femmes », insiste le candidat, évoquant l'importance d'un éclairage public adapté, d'une présence renforcée de la police municipale et d'une réflexion sur l'implantation des équipements sportifs en libre accès.

Ce dernier point rejoint la problématique de l'appropriation masculine de certains espaces. Selon les données du Centre Hubertine-Auclert pour l'égalité hommes-femmes, 95% des usagers des city stades sont des garçons, une tendance similaire observable dans les installations de street-workout parisiennes.

« Lorsque les agrès sportifs sont uniquement conçus pour du street workout à haute intensité, les femmes ne s'y rendent pas naturellement », constate Emmanuel Grégoire. Il plaide donc pour une diversification des équipements publics, incluant des installations mieux adaptées à la pratique féminine tout en conservant celles destinées aux pratiquants plus expérimentés.

Sport associatif : soutien renforcé malgré les contraintes budgétaires

Les associations sportives, qui ont occupé 1,3 million d'heures d'équipements lors de la saison 2023-2024 selon l'Apur, occupent une place centrale dans le programme de la gauche unie à Paris. Emmanuel Grégoire envisage la création d'un fonds d'urgence pour soutenir les associations en difficulté, tout en reconnaissant les limites budgétaires.

« Je n'ai pas d'argent magique », prévient-il, même si son programme prévoit l'augmentation de l'enveloppe « réduc sport » et la prise en charge progressive des frais d'inscription aux activités sportives.

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Le candidat évoque également des projets d'envergure avec des clubs parisiens historiques comme le PUC et l'Atlético (Paris 13), ainsi qu'un soutien particulier aux clubs de proximité. « Les clubs de quartier comme l'Espérance dans le 19e, la Camillienne dans le 12e ou le club du 15e ont un rôle social fondamental », souligne-t-il, promettant un « soutien fondamental » à ces acteurs associatifs essentiels.

Parc des Princes : rétablir le dialogue avec le PSG

La question du Paris Saint-Germain et de son stade emblématique occupe naturellement une place importante dans les préoccupations du candidat. Emmanuel Grégoire, qui avait mené les discussions pour l'agrandissement du Parc des Princes en tant que premier adjoint d'Anne Hidalgo, se dit déterminé à rétablir le contact avec le club après les négociations difficiles avec Nasser Al-Khelaïfi.

« Je n'ai aucun doute sur la disponibilité du club pour réengager le dialogue dès le 23 mars », affirme-t-il. « Dans les jours suivant mon élection, j'appellerai le président du PSG pour proposer un cadre de travail ».

Le candidat envisage de convoquer un Conseil de Paris exceptionnel pour lancer des travaux prioritaires, dont la méthode de discussion avec le club parisien. « Que nous nous mettions d'accord ou non, nous sortirons de l'ambiguïté pour la fin de l'été 2026 », promet-il.

La vente du Parc des Princes, autrefois taboue, n'est plus exclue des options, même si elle devra être soumise à l'approbation du Conseil de Paris en cas de victoire aux municipales. Emmanuel Grégoire se montre ferme sur un point essentiel : « Je ne vendrai pas à un prix qui ne me semblerait pas conforme à la valeur du bien, pour protéger les intérêts des Parisiens ».