Dix mois après les évacuations liées au risque d'effondrement du talus de l'ancien collège Charles-III à Monaco, l'inquiétude est ravivée à Beausoleil par un permis de construire accordé mais contesté sur une parcelle directement concernée. La SCI « Le Clos des Aigles » porte un projet de 4 appartements et 52 parkings au 22 boulevard Guynemer, une zone évacuée en décembre dernier.
Un permis de construire contesté sur une parcelle évacuée
En décembre dernier, en raison d'un risque d'effondrement du talus de l'ancien collège Charles-III à Monaco, plusieurs dizaines de riverains de la Principauté mais aussi de Beausoleil ont été contraints d'évacuer. Près de 10 mois plus tard, côté français, l'inquiétude est toujours vive. À l'occasion du dernier conseil municipal beausoleillois mardi 15 septembre, et alors que les élus ont approuvé la signature d'une nouvelle délégation de maîtrise d'ouvrage au profit du Smiage maralpin (Syndicat Mixte pour les inondations, l'aménagement et la gestion de l'Eau), l'opposition a demandé s'il était envisageable d'étendre les études aux secteurs impactés par les évacuations, soit au niveau du boulevard Guynemer.
La question sur la parcelle AD144 a été soulevée. Zone concernée par les évacuations de décembre (en tant que propriété non bâtie) dans l'arrêté municipal en date du 24 décembre 2025 et située sur le boulevard Guynemer. « Pourtant, aujourd'hui, un immeuble avec parking se construit dans une zone qui pourrait être classée en zone bleue ou rouge dans le plan de prévention des risques », fait remarquer Nathalie Sioniac-Bottin du groupe d'opposition « Pour Beausoleil ». Quatre appartements pour 52 places de parking, plus précisément.
Un refus initial annulé par le tribunal administratif
La mairie indique que le permis de construire a initialement été rejeté par la municipalité avant de voir le tribunal administratif de Nice casser ce refus en juillet dernier, contraignant la Ville à finalement valider le projet. Celle-ci a toutefois précisé en conseil municipal avoir fait appel.
« Depuis l'occurrence du phénomène, nous travaillons avec les services techniques et les travaux publics monégasques. Le fait qu'il y ait deux Etats souverains concernés par ce phénomène rend les choses un petit peu compliquées. Le bureau d'études Cerema (pour Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, organisme français dépendant du ministère de l'Équipement) s'est vu confier une mission, il y a déjà de nombreuses années, par le gouvernement princier. Nous avons convenu, à défaut de pouvoir signer une convention tripartite, d'opter pour le Cerema pour la partie française », amorce le directeur général des services, Jean-Luc Dalcher, en partance vers la Carf.
Pas d'évolution significative du glissement
« L'ensemble des données ainsi que celles complémentaires que la commune a missionnées par l'instrumentation géométrique, font état d'une absence d'évolution significative du glissement », résume-t-il. Cette déclaration intervient alors que l'opposition avait demandé s'il était envisageable d'étendre les études aux secteurs impactés par les évacuations, éventuellement en partenariat avec Monaco.
Quant à la délégation de maîtrise d'ouvrage concédée au Smiage jusqu'en 2029, celle-ci recouvre deux axes majeurs : la surveillance des aléas de glissement de terrain, notamment au niveau du chemin des Révoires à La Turbie, à quelques mètres du territoire beausoleillois. Et la gestion du risque de chute de blocs de l'autoroute A8. Les compétences accordées au Smiage lui permettront d'effectuer des diagnostics de mise en sécurité des bâtiments contre les mouvements de terrain et de passer des conventions tripartites pour des phénomènes dépassant le strict territoire de Beausoleil.