La salle Eugénie-Dubois affichait complet mardi soir pour la réunion publique consacrée au projet de réaménagement du cœur de village à Saint-Vincent-de-Barbeyrargues. Un dossier sensible, à la fois attendu et contesté, autour de la création d'une esplanade végétalisée et de deux bâtiments communaux. « Il faut rassurer », avait confié le maire avant la réunion.
Devant plus d'une centaine d'habitants, élus et techniciens ont d'abord détaillé la genèse du projet et rappelé les orientations issues du conseil participatif : un préau fédérateur, davantage de végétation, des sols perméables mais praticables, ainsi qu'une aire de jeux. Mais rapidement, la question financière s'est imposée au centre des débats.
Une aide en baisse
L'élu a expliqué que le coût initial du projet avoisinait 2,2 millions d'euros, avec l'espoir de subventions atteignant 70 %. « Le plan Barnier a changé la donne », a-t-il indiqué, évoquant une baisse à 30 % des aides espérées, soit près d'un million d'euros manquant. D'où le recours à la société coopérative La Clé, retenue pour porter le montage financier via une concession de travaux sur 33 ans.
Le représentant de cette structure de l'économie sociale et solidaire a tenté de lever les inquiétudes : « Ce qui nous fait avancer, ce ne sont pas les capitaux mais les gens », a-t-il insisté, assurant intervenir « à prix coûtant » grâce à son agrément d'Entreprise solidaire d'utilité sociale.
Un projet axé sur la renaturation
Le cabinet d'architecture Dieu & bicho, basé à Aniane, a ensuite présenté un projet largement axé sur la renaturation (jardin méditerranéen, ombrage important, confort acoustique ont été évoqués notamment) et l'intervention a été saluée par des applaudissements.
Les échanges avec le public ont toutefois montré que certaines réserves demeuraient. Un habitant a jugé le préau de 110 m² insuffisant au regard des attentes exprimées lors de la concertation. « Pour un marché hebdomadaire, on ne va pas faire 400 m² », lui a répondu la municipalité. L'ancienne maire a, elle, interrogé l'équipe sur l'utilisation de la trésorerie disponible en 2020. Frédéric Caussil a détaillé plusieurs dépenses déjà engagées : enfouissement des lignes, les WC de l'école, la gestion des sous-bois ou encore au cimetière.
D'autres interventions ont au contraire souligné l'intérêt du projet. « La culture sera enfin au centre du village grâce à la bibliothèque », a salué une habitante, applaudie par la salle tandis qu'une ex-adolescente Vincenotte a avoué que jeune elle n'allait pas sur la place « où il n'y avait rien » et espère que cette nouvelle place « redynamisera » le cœur du village. Après plus de deux heures d'échanges, la municipalité a affiché sa volonté de poursuivre un projet qu'elle juge « à la hauteur de Saint-Vincent », tout en s'efforçant de dissiper les doutes d'une partie des habitants.



