Lozère : le déclassement du hameau de Barres en zone agricole suscite une vive contestation
Déclassement de Barres en zone agricole : les habitants se mobilisent

Un PLUi contesté dans la Lozère

Le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) récemment adopté par la communauté de communes du Haut Allier Margeride (CCHAM) suscite une vive opposition de la part des habitants du hameau de Barres, situé près de Langogne. Ce document d’urbanisme prévoit en effet le déclassement en zone agricole des constructions de ce petit village, une décision qui ne fait pas l’unanimité.

La colère des résidents s’organise

Plusieurs habitants se sont constitués en collectif, baptisé Barres-Toits, pour contester ce nouveau PLUi. Selon ses membres, ce déclassement « menace les résidences, les activités économiques et la valeur des biens ». Ils dénoncent une limitation des droits à construire qui empêcherait tout développement du hameau, alors que d’autres communes voisines auraient conservé leurs hameaux constructibles.

Le collectif s’indigne particulièrement du cas du domaine de Barres, un hôtel-restaurant considéré comme une vitrine de Langogne, qui se retrouve classé en zone agricole. Or, dans cette zone, l’hôtellerie et la restauration sont interdites par le règlement du PLUi. Ils pointent également une contradiction avec la loi Climat et résilience, qui prône la densification urbaine plutôt que l’étalement sur les terres agricoles.

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La défense de la communauté de communes

De son côté, Francis Chabalier, président de la CCHAM, défend la révision du PLUi. Il affirme que celle-ci applique les règles très restrictives de la loi Climat résilience de 2021, avec l’objectif de tendre vers la zéro artificialisation nette. « Ces règles s’appliquent à tous les territoires », insiste-t-il.

Le Programme d’aménagement et de développement durables (PADD) du PLUi prévoit l’accueil de 400 habitants supplémentaires d’ici 2035, ce qui nécessiterait la construction de 260 logements neufs sur les dix communes de la communauté. Pour atteindre cet objectif, la CCHAM a privilégié la densification urbaine. Francis Chabalier rassure : « L’activité du domaine de Barres n’est pas contrainte par le PLUi. Le classement en agricole n’a pas de connotation négative. Il ne pénalise pas les propriétaires de maisons individuelles qui peuvent demander de plein droit un agrandissement important pouvant aller jusqu’à 100 % de la surface initiale de leur maison. »

Une pétition en ligne pour mobiliser

Face à cette situation, le collectif Barres-Toits a lancé une pétition sur la plateforme Change.org pour alerter l’opinion publique et tenter de faire revenir les élus sur leur décision. Cette mobilisation illustre les tensions croissantes entre les impératifs de préservation des terres agricoles et les aspirations au développement local dans les zones rurales comme la Lozère.

Le débat autour de ce PLUi met en lumière les défis de l’application de la loi Climat dans les territoires ruraux, où les enjeux de densification et de protection du foncier agricole peuvent entrer en conflit avec les projets des habitants et des acteurs économiques locaux.

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