Un débat municipal intense autour du contournement ouest de Montpellier
À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, le journal Midi Libre a organisé une série de débats qui s'est conclue ce vendredi 6 mars à Saint-Jean-de-Védas. Cette rencontre a réuni les sept candidats en lice pour aborder des thématiques cruciales telles que la sécurité, l'urbanisme, le budget municipal et, surtout, le projet épineux du contournement ouest de Montpellier.
Des positions divergentes sur un projet controversé
Le débat a rapidement tourné autour du projet de contournement ouest de Montpellier, communément appelé Com, qui divise profondément les candidats et la population. Philippe Hippert s'est déclaré "résolument opposé" au projet actuel, plaidant plutôt pour un boulevard urbain à deux fois deux voies. Il a insisté sur le respect du droit avant tout commencement des travaux, martelant sa position avec fermeté.
Patrick Hivin, bien que favorable au concept de boulevard urbain, a adopté une approche plus pragmatique. Il a rappelé que "c'est un projet d'État, il est illusoire de penser que l'on peut l'annuler". Son programme prévoit la création d'une commission de suivi du chantier pour influencer les décisions au niveau des responsables.
Les préoccupations environnementales et sanitaires
Michel Masson a renchéri en soulignant que le Com est déjà acté par l'État et que les travaux ont débuté. Ancien partisan du boulevard urbain, il déplore que Montpellier utilise Saint-Jean-de-Védas pour éloigner son trafic automobile, prédisant une augmentation de 6,5 % de la pollution dans la commune.
Emmanuelle Mysona a mis l'accent sur le manque de transparence. Elle a révélé que "4,2 km du projet sur 6 km passent par Saint-Jean, et jamais les Védasiens n'ont été informés !". Sa proposition phare : organiser un référendum pour que les habitants se prononcent et obtiennent des contreparties significatives.
Entre acceptation résignée et opposition ferme
Richard Plautin a adopté une position réaliste, constatant que l'axe reliant l'A75 à Carrefour est saturé et que tout le monde traverse Saint-Jean-de-Védas. "Ce projet est maintenant lancé, il faut l'accompagner plutôt que de le subir", a-t-il affirmé, proposant des mesures d'atténuation comme des murs antibruit et des protections environnementales.
Christophe Van Leynseele a tenté de clarifier les termes du débat, précisant que le Com n'est pas une autoroute mais une voie à deux fois deux voies avec des voies latérales, limitée à 90 km/h. Il a vanté ses avantages pour la fluidité du trafic et la réduction de la circulation parasite, mentionnant une convention déjà signée avec Vinci pour des services de bus.
Une opposition radicale au projet actuel
Florian Depret a riposté avec vigueur, qualifiant le Com de "liaison autoroutière à deux fois trois voies". Il a précisé que son opposition ne vise pas le principe du contournement, mais le projet spécifique qu'il juge anachronique face aux enjeux environnementaux du XXIe siècle. Il appelle à une renégociation complète du projet.
Ce débat animé illustre les profondes divisions qui traversent la commune à l'approche des élections municipales. Les candidats doivent maintenant convaincre les électeurs non seulement sur ce dossier brûlant, mais aussi sur l'ensemble des politiques locales qui façonneront l'avenir de Saint-Jean-de-Védas.



