La campagne municipale boucle la boucle aux Capucins, épicentre des débats sur l'avenir de Bordeaux
La campagne électorale se conclut symboliquement là où elle avait été lancée : dans le quartier des Capucins. C'est en effet sur ce site que le maire sortant Pierre Hurmic avait effectué sa première sortie officielle en tant que candidat déclaré, au début du mois de janvier. Il y avait alors développé sa vision d'une gestion en régie de la halle emblématique, ambitionnant d'en faire « le cœur alimentaire de Bordeaux », un espace inclusif et non standardisé, axé sur le bio et les circuits courts, dans le cadre d'une vaste rénovation urbaine du secteur.
Thomas Cazenave oppose sa méthode et ses priorités
Ce jeudi 12 mars, c'est au tour de Thomas Cazenave de détailler sa propre vision pour la « requalification du quartier Capucins-Victoire », un projet qu'il présente comme un « marqueur pour le prochain mandat » et qu'il souhaite porter avec une méthode spécifique. Le député renvoie ainsi le maire sortant à ses choix de priorités, affirmant : « Plutôt que de dépenser 15 millions d'euros sur la place Tourny, je préfère mettre notre énergie sur les Capucins : l'urgence, l'attente, elle est ici. »
Cet argument illustre un thème récurrent de cette campagne, souvent marquée par des renversements de perspectives. La droite, et dans une certaine mesure La France Insoumise, reprochent à la gauche de ne pas avoir suffisamment investi dans ce bastion populaire, historiquement négligé lors des rénovations sous l'ère Juppé, au profit des grandes artères bourgeoises plus médiatisées. Thomas Cazenave conteste cette lecture politicienne : « Ce n'est pas un projet de droite ou de gauche. Les Capucins, c'est l'endroit où vous trouvez des Bordelais de tous les quartiers, de tous les milieux, une certaine idée de la mixité. »
Un plan d'actions ciblées pour revitaliser le « ventre de Bordeaux »
Le député dresse un constat sévère de la zone située entre la halle et la rue Élie-Gintrac, estimant qu'on y a « laissé s'installer progressivement du deal, des activités illicites, de la dégradation urbaine ». Pour transformer ce qu'il nomme le « ventre de Bordeaux » en une future « grande vitrine gastronomique », il promet une série de mesures ambitieuses.
- Sécurité renforcée : Installation d'une caserne de police municipale, plus accessible que l'antenne actuelle de la police nationale, pour assurer une présence permanente vingt-quatre heures sur vingt-quatre et mener des actions ciblées contre les trafics.
- Propreté et cadre de vie : Mise en place d'une brigade d'intervention rapide pour la propreté, et lancement d'un plan massif de ravalement des façades.
- Rénovation complète : Requalification intégrale de l'espace public et du marché, repensé en « lieu de vie permanent », avec de nouvelles illuminations. La rue Élie-Gintrac sera conçue comme une « extension vivante du marché ».
Une concertation au cœur de la méthode pour favoriser la mixité
Thomas Cazenave insiste sur l'importance d'une démarche participative : « On travaillera avec les commerçants et les riverains, on fera une vraie concertation ». Son objectif est clair : « faire venir des familles dans le quartier ». Il considère cet enjeu comme fondamental, expliquant que favoriser une présence accrue des habitants, des commerçants et des animations constitue le meilleur rempart contre les trafics et la déshérence urbaine. Cette vision cherche à réconcilier revitalisation économique, amélioration du cadre de vie et renforcement du tissu social dans un quartier perçu comme stratégique pour l'avenir de la ville.



