Beynac : 40 ans de bataille judiciaire autour du contournement routier
Beynac : 40 ans de bataille judiciaire sur le contournement

Beynac : un projet de contournement dans l'impasse après 40 ans de controverses

Le feuilleton du contournement routier de Beynac-et-Cazenac, en Dordogne, connaît un nouveau rebondissement. Le 27 novembre 2025, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l'autorisation délivrée pour le second projet de déviation du village médiéval, dit « Boucle multimodale d'accès aux deux rives de la vallée de la Dordogne ». Cette décision s'inscrit dans une longue chronologie débutée en 1985, marquée par des batailles judiciaires incessantes, des astreintes financières lourdes et une opposition farouche.

Les origines d'un serpent de mer

Le projet initial remonte au 10 juillet 1985, lorsque le Conseil général décide de réaménager l'axe Bergerac-Souillac via Sarlat, avec le contournement de Beynac comme priorité. En mars 1989, le projet de Voie de la vallée de la Dordogne est adopté, mais il subit des revers judiciaires précoces. Le 16 février 1992, le tribunal administratif de Bordeaux annule une première déclaration d'utilité publique. Malgré des consultations locales favorables en 1995, les opposants, regroupés dans des collectifs comme SOS Vallée Dordogne, multiplient les recours et manifestations.

Le premier projet et ses déboires

En 2016, le Conseil départemental présente une demande d'autorisation unique pour les travaux. Après des avis favorables et une enquête publique, la préfète signe l'arrêté autorisant les travaux le 29 janvier 2018. Des piles de pont sont coulées dans la Dordogne. Cependant, le 28 décembre 2018, le Conseil d'État suspend les travaux, remettant en cause « l'intérêt public majeur » du projet. Le 9 avril 2019, le tribunal administratif annule l'autorisation et ordonne la remise en état du site. Le Département est condamné à des astreintes, atteignant 1 433 000 euros en avril 2024 pour retard dans la démolition.

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Le second projet et son rejet

Face à ces échecs, le Conseil départemental adopte à l'unanimité un nouveau projet le 3 février 2023, baptisé « Boucle multimodale ». Après une concertation publique et une enquête favorable, le préfet Jean-Sébastien Lamontagne autorise le projet le 5 novembre 2024. Mais les opposants attaquent immédiatement cette décision. Le 27 novembre 2025, le tribunal administratif de Bordeaux annule l'autorisation, donnant raison aux contestataires. Le Département a annoncé son intention de faire appel, prolongeant ainsi un conflit qui dure depuis quatre décennies.

Un impact économique et environnemental significatif

Ce projet, estimé à plus de 32 millions d'euros, vise à construire une route de 3,4 km pour relier les départementales 703 et 49, dans le cadre de la Voie de la vallée. Les opposants dénoncent des impacts sur la biodiversité, notamment la destruction d'habitats d'espèces protégées, et sur le patrimoine paysager de la vallée. Des personnalités comme Stéphane Bern ont soutenu la contestation, tandis que des élus locaux défendent le projet pour sécuriser les mobilités.

Les astreintes accumulées par le Département, pouvant atteindre 5 000 euros par jour, illustrent les coûts financiers de cette impasse. Malgré les décisions judiciaires, la détermination des parties laisse présager de nouveaux développements, avec un appel en cours et des manifestations régulières de part et d'autre. Cette affaire soulève des questions plus larges sur l'équilibre entre développement infrastructurel et protection environnementale dans les zones sensibles.

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