Bayonne face au défi des infrastructures : crèches et écoles saturées dans une ville en pleine croissance
Bayonne : crèches et écoles saturées face à la croissance démographique

Bayonne confrontée à la saturation de ses infrastructures

Manque de places en crèches, centres de loisirs complets, terrains de sports surchargés... Alors que la population bayonnaise augmente régulièrement de plus de 1% chaque année, les cinq candidats à la mairie présentent leurs propositions pour adapter les équipements publics à cette croissance soutenue.

Une expansion démographique remarquable

Au cours des vingt-cinq dernières années, Bayonne a connu une véritable explosion démographique, passant de 40 000 à plus de 55 000 habitants. Cette progression se maintient à un rythme annuel de 1,2 à 1,5% depuis 2015, dépassant largement les tendances départementale (+0,6%) et nationale (+0,3%). Cette vitalité démographique se traduit par un développement urbain important dans plusieurs quartiers stratégiques.

Le quartier du Prissé, aux portes de Saint-Pierre-d'Irube, a vu récemment sortir de terre 350 logements. Au Séqué, deux programmes immobiliers majeurs attendent leur réalisation : Séqué 3 avec 189 appartements prévus, et Séqué 4 qui en prévoit 280 supplémentaires à plus long terme. Le secteur de la Citadelle prépare quant à lui la construction de 575 logements neufs pour remplacer 241 HLM datant des années 1950.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des infrastructures sous pression

Ce dynamisme démographique pose avec acuité la question des équipements publics. Les écoles, crèches, centres de loisirs et terrains de sport sont-ils suffisants pour absorber le développement de ces nouveaux quartiers ?

Au Prissé, une nouvelle école accueille depuis 2024 une centaine d'élèves, pour une capacité maximale de 240 places. À la Citadelle, un nouvel ensemble scolaire regroupant maternelle et élémentaire devrait voir le jour dans les prochaines années. Le schéma directeur de la petite enfance a été ajusté durant le dernier mandat pour anticiper l'ouverture de plusieurs microcrèches.

Mais les questions persistent : faut-il créer une nouvelle école, et si oui, dans quel quartier ? Comment organiser l'accueil de loisirs ? Ces interrogations ont été soumises aux cinq candidats à la mairie de Bayonne.

Les propositions des candidats

Jean-Claude Iriart (EH Bai) privilégie la rénovation des bâtiments scolaires existants plutôt que la création de nouvelles structures. Il propose un plan pluriannuel de rénovation incluant isolation thermique, mise aux normes d'accessibilité et amélioration des sanitaires. Il défend également un modèle municipal public fort pour les crèches et centres de loisirs, s'opposant à la marchandisation de la petite enfance.

Pascal Lesellier (RN) propose d'abord un moratoire sur les autorisations d'urbanisme pour stabiliser la population. Il envisage une nouvelle répartition des crèches publiques entre rive gauche et rive droite, et souhaite doter Bayonne d'équipements à la hauteur de son rang, notamment une grande salle de spectacle polyvalente de 3 500 places.

Sandra Pereira-Ostanel (LFI) met l'accent sur le renforcement de l'existant plutôt que sur la multiplication des annonces. Elle propose un plan de rénovation des écoles pour améliorer accessibilité et performance énergétique, ainsi que la création d'une crèche municipale pour garantir un service stable.

Jean-René Etchegaray (maire sortant) présente son « Plan école 2030 » prévoyant la construction de deux nouvelles écoles à la Citadelle et à Arrousets-Séqué. Il annonce également la création de deux microcrèches municipales et la réhabilitation des 50 aires de jeux de la ville.

Henri Etcheto (PS) dénonce le retard accumulé dans l'entretien des écoles et propose l'ouverture d'une école dans les quartiers d'Arrousets-Séqué. Il envisage un plan de rénovation des équipements sportifs et un soutien renforcé aux centres de loisirs.

La question du financement

Un point de divergence important concerne le financement des 640 000 euros que la Ville accorde sous différentes formes au club de rugby professionnel de l'Aviron Bayonnais. Alors que le maire sortant défend ce soutien comme essentiel pour l'image de la ville, plusieurs candidats proposent de réévaluer ces financements pour les redéployer vers les structures liées à l'enfance.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Sandra Pereira (LFI) et Pascal Lesellier (RN) se déclarent favorables à une révision de ces subventions, tandis que Henri Etcheto (PS) évoque plutôt une réduction des « frais de communication et d'apparat » du maire sortant. Jean-Claude Iriart (EH Bai) appelle quant à lui à un « rééquilibrage » des investissements sans remettre en cause le partenariat avec le club.

Cette question du financement illustre les choix difficiles auxquels sera confrontée la future municipalité pour répondre aux besoins croissants en infrastructures tout en maintenant le soutien aux acteurs historiques de la vie bayonnaise.