Le projet d'antenne 4G au hameau de Cézas, dans le Gard, a été officiellement abandonné, suscitant l'inquiétude de l'association Asphodèle le Prieuré, qui gère le site patrimonial du Prieuré de Cézas. Cet abandon, annoncé par la municipalité, fait suite à une série d'obstacles, dont l'opposition d'un collectif d'habitants. L'association souligne les risques pour la sécurité des personnes et des biens, en particulier en cas d'incendie, faute de réseau mobile.
Un projet vital pour la sécurité du Prieuré
Le Prieuré de Cézas, situé au pied de la montagne des Cagnasses, fait l'objet depuis 40 ans d'un programme de restauration mené par l'association Asphodèle le Prieuré. Cette association organise également des manifestations culturelles plusieurs mois par an, accueillant du public. L'absence de réseau mobile et internet représente donc un risque majeur pour la sécurité des visiteurs et du site, notamment face au risque d'incendie.
Alain Chevillard, secrétaire de l'association, explique : « La municipalité a annoncé récemment aux habitants de Cézas l'abandon du projet d'implantation d'une antenne relais dans le hameau. Le maire et les élus rappellent la demande d'annulation de la Préfecture et de l'opérateur, et font appel à la solidarité des habitants de Cézas pour qu'ils pallient l'absence de réseau, notamment pour le Prieuré, par l'acquisition d'équipements et le financement d'abonnements téléphoniques. »
Un projet entravé par des oppositions successives
Le projet initial, soutenu par le programme « New Deal mobile » de l'État, prévoyait l'installation d'une antenne en haut du hameau, au Château d'eau, avec une convention signée avec Free. Cependant, les difficultés se sont accumulées : refus d'un propriétaire pour un droit de passage, choix contraint d'un autre lieu (La Mourade) aux Cagnasses par délibération du conseil municipal du 26 mai 2025, puis opposition majoritaire des habitants à ce choix, sans toutefois s'opposer au principe d'une antenne.
Un collectif s'est créé pour s'opposer à l'implantation à La Mourade, provoquant une fracture avec les partisans minoritaires, indifférents à l'emplacement, et le soutien majoritaire des bénévoles et de nombreux adhérents d'Asphodèle. Face à ces obstacles, la Préfecture a clôturé les discussions, et le maire a annoncé le 10 juillet 2026, devant la Sous-Préfète, qu'il ne retirerait pas son arrêté autorisant les travaux.
Des solutions alternatives proposées par la municipalité
La municipalité, de son côté, revient sur les projets des derniers mois. Un premier site a été abandonné suite au refus d'un droit de passage. Un autre site, validé lors du conseil municipal du 26 mai 2025, a été contesté par un collectif d'habitants. Une pétition signée par une quarantaine d'habitants a été transmise en mairie durant l'hiver 2025-2026. Une rencontre avec l'opérateur Free a été organisée, mais les propositions alternatives n'ont pas convaincu l'opérateur.
Au printemps 2026, après les élections municipales, les interpellations du collectif ont repris : presse, interpellation de l'État, manifestation devant la mairie. L'équipe municipale, « dans sa volonté d'écoute et de concertation », a reçu les opposants. De nouvelles pistes d'implantation ont été étudiées, avec des habitants prêts à céder des terrains et le droit de passage accepté. Cependant, pour l'opérateur, un site choisi n'était pas opérationnel en termes de réception d'ondes, mais aucune étude n'a été effectuée de sa part.
La commune s'engage à soutenir l'investissement
La Préfecture a été sollicitée pour une médiation, et une réunion a eu lieu avec la sous-préfète, le maire et deux adjoints, l'opérateur et les représentants du collectif. Lors de cette réunion, le maire a rappelé sa responsabilité d'élu et les enjeux de sécurité liés à l'absence de réseau mobile, notamment pour le Prieuré de Cézas qui reçoit du public toute l'année. Le délai de mise en œuvre du programme se clôturant fin juillet, l'État a informé la municipalité de stopper le projet d'implantation à La Mourade, afin d'éviter d'éventuels affrontements et dégradations. Il a demandé à la mairie de retirer l'arrêté municipal, ce qui a été fait en août 2026.
Pour préserver la sécurité publique, la municipalité demande aux habitants de réfléchir et d'agir pour accompagner le Prieuré dans l'acquisition d'équipements numériques type Nordnet ou Starlink. « La commune sera partie prenante de cet investissement technologique jusqu'à ce qu'un nouveau plan New Deal soit déployé dans les années futures », assure la municipalité. L'association Asphodèle, de son côté, estime que « équiper le Prieuré avec abonnement par satellite est un pis-aller, nécessitant une infrastructure pour couvrir le site. Ce coût ne peut pas peser sur les habitants de Cézas. » Elle demande si les habitants pourraient obtenir une antenne si les élus municipaux les épaulent et refont une demande à l'opérateur, notant qu'« il n'est pas trop tard, puisque Sumène a bénéficié en 2025, dans le cadre du New Deal, du dispositif de couverture ciblée, pour une installation effective des sites pouvant intervenir jusqu'en 2027 ». L'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) doit couvrir 97,7 % des zones blanches d'ici janvier 2027, et la mise en œuvre de la résorption de ces zones à Sumène est déléguée à Free Mobile.