1968 : Quand le ministre Ortoli déclarait le périphérique bordelais d'utilité publique
1968 : Le périphérique bordelais déclaré d'utilité publique

Dans les archives : Le périphérique bordelais déclaré d'utilité publique en 1968

Le 25 mars 1968 restera une date marquante dans l'histoire des infrastructures bordelaises. Ce jour-là, François-Xavier Ortoli, ministre de l'Équipement du gouvernement du général de Gaulle, effectuait une visite officielle à Bordeaux qui allait sceller le destin de la future rocade périphérique.

Une visite ministérielle décisive

Accueilli par Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux et figure politique majeure de l'époque, le ministre Ortoli avait préparé sa visite avec minutie. Dès son arrivée, il survola l'agglomération bordelaise en hélicoptère pour « voir les travaux en cours et les travaux futurs sur le terrain », comme il le déclarera lui-même lors de la conférence de presse qui suivit.

À l'hôtel préfectoral de la rue Vital-Carles, en présence des préfets des cinq départements de la région Aquitaine et des chefs de service régionaux, Ortoli exposa clairement ses intentions : « Dans l'immédiat, la rocade périphérique, pour laquelle on a commencé d'acquérir des terrains et dont je vais m'occuper, aussitôt rentré dans la capitale, à faire reconnaître l'utilité publique... »

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Un projet aux racines anciennes

Cette annonce venait couronner des décennies de réflexion et de planification. Le tracé définitif de la rocade ouest de Bordeaux avait été adopté dès 1957, mais ses origines remontaient même à 1940. Les travaux des rocades des deux rives de la Garonne étaient déjà lancés par sections, avec notamment le pont d'Aquitaine au nord, inauguré par Jacques Chaban-Delmas le 6 mai 1967.

La déclaration d'utilité publique représentait donc une étape cruciale, permettant d'accélérer les acquisitions foncières et de donner une impulsion décisive au chantier. Chaban-Delmas intervint immédiatement pour souligner que « le projet allait entrer dans sa phase de réalisation », exprimant ainsi la satisfaction de la municipalité qui attendait depuis longtemps l'aide de l'État.

Une vision globale pour Bordeaux et l'Aquitaine

La visite du ministre ne se limitait pas au seul périphérique. Ortoli aborda également les problèmes d'urbanisation, de logement et des structures routières dans leur ensemble. Il évoqua notamment :

  • L'aménagement de la zone nord de Bordeaux
  • La présence du port dans la ville
  • La liaison Suisse-Océan par le Centre
  • L'amélioration du canal du Midi pour une liaison fluviale Atlantique-Méditerranée

Le ministre insista particulièrement sur la nécessité de « tirer les conclusions opérationnelles » de ces études, soulignant que cette grande rocade périphérique desservirait toutes les routes nationales vers l'Espagne, Toulouse, Marseille, Paris et le bassin d'Arcachon.

L'appel à l'aide de l'État

Jacques Chaban-Delmas profita de cette visite pour insister sur « l'aide que le gouvernement se doit d'apporter à la ville de Bordeaux et à son agglomération ». Le maire pointait du doigt le retard dans le domaine de la construction et réclamait un effort administratif soutenu.

« On consacre des milliards à l'axe nord-sud, intervint Chaban-Delmas. Il faut aussi songer à rattacher l'Aquitaine à l'Europe ! » Cette déclaration résumait l'ambition régionale qui sous-tendait tous ces projets d'infrastructure.

Une méthode approuvée

Le maire de Bordeaux salua la méthode préconisée par le ministre de l'Équipement : « La méthode qui consiste à avoir un dossier complet présentant des alternatives est bonne, mais à condition de passer ensuite sans discussion à l'action. C'est la formule de M. Ortoli, c'est une méthode qui permet de passer rapidement au concret. »

Et Chaban-Delmas de conclure, optimiste : « Le passage du ministre dans notre ville est générateur d'espoirs ! » Une phrase qui résonne encore aujourd'hui alors que Bordeaux continue de développer ses infrastructures.

Cette visite historique du 25 mars 1968 marqua donc un tournant décisif pour Bordeaux, engageant la ville sur la voie des grandes infrastructures modernes qui allaient transformer son visage et son rayonnement régional dans les décennies suivantes.

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