Le dimanche 11 octobre, les arènes de Nîmes accueilleront la finale du Trophée des As de la course camarguaise. Pour la quatrième fois, le raseteur Joachim Cadenas y sera couronné. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il revient sur son parcours, ses taureaux fétiches et l’avenir de sa discipline.
Une passion née dans la manade familiale
Joachim Cadenas est né à Mas-Thibert, près d’Arles, entouré de taureaux et de chevaux. « Depuis tout petit, j’ai vécu dans cet environnement », confie-t-il. Ses premiers mots auraient été « papa, maman, taureau ». Il a effectué son premier raset à l’âge de 6 ans, alors qu’il était en classe de CP, face à un veau. « Ma mère était en retard pour venir me chercher, et l’animal m’a accroché », se souvient-il, ajoutant que son père lui avait « mis une dérouillée » le soir même.
Arlésien d’origine, il a fait une partie de ses études à l’Institut d’Alzon, à Nîmes. « Chaque fois que je sortais, j’allais traîner autour des arènes », raconte-t-il. Depuis qu’il est raseteur, il apprécie le public nîmois, « sa rigueur et son lyrisme ».
Une saison 2026 déjà tournée vers 2027
Une fois la saison terminée, Joachim Cadenas ne partira pas au Mexique comme lors des trois hivers précédents. Il travaillera avec Vincent Ribera, qui dirige notamment les arènes du Grau-du-Roi et de Palavas, pour préparer 2027. « Il faut s’y prendre dès maintenant, ce n’est pas trop tôt », explique-t-il, même pour les grandes courses comme celle du 15 août. Il se rendra également en Andalousie pour poursuivre son entraînement.
Interrogé sur sa relation aux taureaux, il répond : « Ils sont ma passion. Ils sont un culte et une fête. Ils m’ont éduqué aussi. » Il se dit « fou de génétique » et insiste sur la nécessité de transmettre « la magie » qu’ils apportent. « J’ai la conviction que la course camarguaise n’a pas encore exploité toutes ses richesses », affirme-t-il. Il évoque avec émotion les grands duos entre un raseteur et un taureau, comme celui de Christian Chomel et « Ourrias » au début des années 80.
« Corail », le taureau de sa carrière
À l’approche de la finale, Joachim Cadenas a raseté tous les taureaux qui y figureront. Il cite « Corail », de chez Rouquette, qui « s’est donné à fond » et qu’il considère comme « le taureau de sa carrière ». Il mentionne aussi « Jupiter » de Laurent, qui « l’a fait grandir ». Le jury désignera le matin de la finale le Bijou d’or 2026.
Pour assurer la pérennité de la course camarguaise, il recommande de « réduire sensiblement le nombre de courses programmé chaque saison » et de s’appuyer « sur l’éthique, constamment ».
La corrida, un autre versant
Joachim Cadenas a grandi avec les deux tauromachies, son père étant placeur aux arènes d’Arles. Son histoire avec la corrida a commencé à Fourques en 2021, lors d’un festival, avec le soutien de ses amis toreros. Il a toréé un novillo de Patrick Laugier qui a été gracié, puis a mis sa première épée face à un pensionnaire de Gallon. Sa première novillada avec picadors en Europe se déroulera en 2027, et en France un peu plus tard. Interrogé sur un éventuel solo en deux parties, raseteur et torero, il répond : « Doucement, pour l’instant, nous n’en sommes pas là ! »
Enfin, il évoque son jeune frère Amaury, également raseteur, inscrit à l’école taurine d’Arles avec Mehdi Savalli. « Je sais qu’il a des choses à dire devant les taureaux », dit-il, ajoutant qu’il a peur pour lui quand il est programmé pour raseter. « Comme si c’était moi qui allais me mettre devant les taureaux », conclut-il.